Skip to main content

Full text of "Compte rendu des séances de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève"

See other formats


Sériais 
Q 
67 
C65 



COMPTE RENDU DES SEANCES 



DE LA 



r » 



SOCIETE DE PHYSIQUE 



CT ll'HIS 



DE GENÈVE 



XXVI 






' 



DEC 13 1934 



f $io 



RE.CEIVIO 




GENEVE 

BUREAU DES ARCHIVES, RUE DE LA PÉLISSERIE, 18 
PARIS LONDRES NEW-YORK 



H. LE SOUDIER 
i74-17«,Boul.St-Grerniain 



DULAU&C* 

37, Soho Square 



G. E. STECHERT 
9, Eaat 16tb Street 



Dépôt pour l'ALLEMAGNE, GEORG & C ie , a Bale 



1909 



COMPTE RENDU DES SEANCES 



DE LA 



SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

ET D'HISTOIRE NATURELLE 

DE GENÈVE 



GENEVE. — SOCIETE GENERALE D'IMPRIMERIE 

Pélisserie, 18 



COMPTE RENDU DES SÉANCES 



DE LA 



SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE 

ET D'HISTOIRE NATURELLE 

DE GENÈVE 



XXVI. — 1909 



GENEVE 

BUREAU DES ARCHIVES, RUE DE LA PÉLISSERIE, 1* 
PARIS LONDRES NEW-YORK 

H. LE SOUDIER DULAU&O G. E. STECHERT 

174-176, Boul. St-G-ermain 37, Soho Square 9, East 16»»» Street 

Dépôt pour l'ALLEMAGNE, GEORG & C ie , a Bale 
1909 



Extrait des Archives des sciences physiques et naturelles, 
tomes XXVII et XXVIII. 



COMPTE RENDU DES SÉANCES 



SOCIETE DE PHYSIQUE ET D'HISTOIRE NATURELLE DE GENÈVE 



Année 1908. 

Présidence de M. John Briquet. 



Séance du 7 janvier 4909. 

Th. Tommasina. Réponse aux Notes de M. L. de la Rive sur la pres- 
sion de la lumière. — Le même. Comment s'expliquent la 
répulsion aux distances très petites et la cohésion moléculaire. 

M. Th. Tommasina. — Réponse aux Notes de M. L. de 
la Rive sur la pression de la lumière 1 . Douzième Note sur 
la physique de la gravitation universelle. 

M. L. de la Rive, dans ses deux récentes communica- 
tions à notre Société, sur la pression de la lumière 1 , tout 
en admettant que l'existence de cette pression est mise 
hors de doute, et, en reconnaissant d'ailleurs que sa 
valeur quantitative n'est pas encore suffisamment établie, 
conclut que, théoriquement, elle est pour le rayonnement 
solaire à la surface de la terre de 4 milligrammes par 
mètre carré. « Il y a de l'intérêt, dit M. de la Rive, à cal- 
« culer ce que cela représente par rapport au poids dans 
« le cas d'une surface légère et mince. Un carré de 20 cm. 

1 Archives, t. XXVI, déc. 1908, p. 676 et 680. Comptes Rendus 
de la Soc. de Physique. 1 er octobre et 5 novembre 1908. 



6 SÉANCE DU 7 JANVIER 

« de côté de papier à lettre pèse 3^ r .3, ce qui donne pour 
« le mètre carré 82& r ; 5 ; le rapport de la pression au poids 
« est donc environ de 7 2000 ° me - » J e vais démontrer que 
ce résultat quantitatif n'est pas contraire à ma théorie, 
car celle-ci ne saurait utiliser de ces mesures, que la cons- 
tatation qualitative du fait, qu'elles mettent en évidence, 
que la résistance de l'éther n'est pas nulle, ce qui suffit pour 
renverser la théorie classique de la gravitation. 

J'avais déjà prévu l'objection ci-dessus et je pensais 
l'avoir éliminée par les conclusions de ma deuxième Note 
du 2 avril 1908 ^ je tâcherai de compléter dans celle-ci 
mon explication. 

L'on sait qu'il n'y a pas d'action sans réaction corres- 
pondante et simultanée, mais on oublie qu'à l'action que 
l'on appelle vibration calorilique correspond la réaction 
gravitante. En effet, la force gravitante, quelle que soit sa 
forme cinétique réelle, n'est pas seulement la cause méca- 
nique de la pesanteur, elle est en outre celle de la constitu- 
tion et de la conservation des formes caractéristiques 
des corps, dont l'état est fonction de la température. 

Dans sa première communication. M. de la Rive décrit 
et étudie le radiomètre de Crookes et en rapporte 
que : « L'explication plausible est la suivante : la face 
« noircie s'échauffe davantage que l'autre, et les parti- 
« cules gazeuses, en contact avec elle, l'actionnent davan- 
« tage aussi 2 ». 

Analysons cette explication. Les ailettes du moulinet 
sont métalliques, donc conductrices de la chaleur, tandis 
que le noir de fumée l'est très peu, aussi, d'après le fait 
utilisé dans les piles thermoélectriques de Nobili et 
Melloni, l'on sait que le noir de fumée en s'échauffant 
échauffe le métal qu'il recouvre, et c'est donc le côté poli 
des ailettes qui doit rayonner davantage de la chaleur. 
Ce rayonnement, par la réaction des particules du gaz 
raréfié, devrait faire tourner le moulinet, dans le même 



i Archives, t. XXV, mai 1908, p. 183 à 186. 
2 Archives, t. XXVI, décembre 1908, p. 677. 



SÉANCE DU 7 JANVIER 7 

sens que les tourniquets hydrauliques et électriques, 
précisément comme si la face polie était repoussée, c'est- 
à-dire en sens contraire de la rotation que l'on constate. 
Donc ce n'est pas la chaleur produite par absorption qui 
fait tourner le moulinet du radiomètre de Crookes. 

Mais, puisque M. de la Rive vient de déclarer lui-même, 
que la pression de la lumière ne peut plus être mise en 
doute, il doit reconnaître que par ce fait le problème se 
pose autrement. Aujourd'hui il faut se demander comment 
cette pression est différemment modifiée en son intensité 
par la nature absorbante ou réfléchissante de la surface 
des ailettes du moulinet, et voici la réponse qu'on peut en 
donner : 

La lumière pénètre la face noircie absorbante et son 
énergie ou force vive communique à l'ailette sous forme 
de poussée, toute la valeur mécanique de sa composante 
longitudinale. La face polie, au contraire réfléchit la 
lumière et comme celle-ci lui arrive normalement et 
incessamment les rayons réfléchis en refaisant le même 
chemin en sens opposé, doivent, bien qu'affaiblis, inter- 
cepter une partie de l'énergie des rayons qui arrivent, de 
façon que la face polie de l'ailette en reçoit une poussée 
d'autant plus faible. Voilà pourquoi le moulinet tourne 
précisément comme si la face noircie des ailettes était 
seule repoussée. Cette explication, qui me semble plau- 
sible et claire, est d'autant plus satisfaisante qu'elle est 
indépendante de toute théorie du rayonnement. 

Je reviens, maintenant, au calcul de M. de la Rive, qui 
a trouvé que le rapport de la pression de la lumière au 
poids est d'environ 72oooo me . Cela signifie que le rayonne- 
ment dont on a mesuré la pression est celui dont les lon- 
gueurs d'onde sont telles qu'il est complètement absorbé 
par 72oooo u,e de l'épaisseur du papier, donc ce n'est pas là 
la valeur de la pression du rayonnement complet qui 
produit la pesanteur, mais seulement une fraction minime. 
En effet, le rayonnement gravitant doit pénétrer toute 
l'épaisseur, car il doit exercer sa pression sur chacun des 
atomes pondérables qui constituent le papier, ceux-ci 



8 SÉANCE DU 7 JANVIER 

étant les éléments de son poids, puisque la loi de la chute 
des graves dans le vide montre que la force gravitante 
agit sur chaque élément de masse. L'on sait que le méca- 
nisme des radiations est toujours le même quelle que 
soit la longueur d'onde, de façon que la pression reste 
invariable, car l'intensité ou grandeur de cette dernière 
est fonction de l'intensité du rayonnement, donc les deux 
doivent être inversement proportionnelles aux carrés des 
distances de la source radiante. 

La loi de Newton trouve ainsi son explication dans la loi 
mécanique de propagation de l'énergie rayonnante, laquelle 
en se distribuant sur des sphères concentriques de plus eu 
plus grandes prend successivement des valeurs qui sont m 
raison inverse des carrés des rayons respectifs, donc des 
carrés des distances au centre radiant. Tandis qu'avec l'hy- 
pothèse de l'attraction cette loi est inexplicable. 

M. Th. Tommasina. — Comment s'expliquent la répulsion 
aux distances très petites et la cohésion moléculaire, Trei- 
zième >ïote sur la physique de la gravitation universelle. 

Edouard Roche, qui fut professeur à la faculté des scien- 
ces de Montpellier, auteur de l'important Mémoire « Essai 
sur la constitution et l'origine du système solaire», qu'il 
publia en 1873, écrivait en 1877, dans un article sur la 
gravitation, les lignes suivantes : 

« On a souvent disputé sur le sens qu'il faut donner au 
« mot attraction. Les uns en ont fait une propriété essen- 
« tielle à la matière; les autres ont cherché à l'expliquer 
« en le rattachant à l'hypothèse d'un fluide, et suivant 
« jusqu'à un certain point les idées de Descartes. Tout ce 
« que nous pouvons dire, c'est que les choses se passent 
« comme si, entre deux points matériels il existait une 
« attraction, mais gardons-nous d'en affirmer la réalité. Les 
« phénomènes moléculaires prouvent qu'à de très faibles dis- 
« tances la loi de cette attraction change, et elle finit même 
« par se transformer en répulsion 1 . » 

1 Dictionnaire général des Sciences par MM. Privat-Deschanel 
et Ad. Focillon. Gravitation, par Ed. Roche. Paris, 1877. 



SÉANCE DU 7 JANVIER 9 

J'ai choisi ce texte parce que la question s'y trouve 
posée comme elle l'est aujourd'hui encore par la presque 
généralité des mathématiciens. 

Voici mes observations critiques : Edouard Roche dit 
qu'on a cherché à expliquer l'attraction en la rattachant 
à l'hypothèse d'un fluide. Or. avec cette hypothèse on 
n'explique nullement l'attraction, on la remplace, au con- 
traire, par une action de toute autre nature, qui esl la 
pression du milieu, donc par une poussée extérieure. C'est 
dire qu'on remplace les forces attractives centripètes des 
points matériels d'un système, par l'action, sur leurs forces 
centrifuges, des forces centrifuges des systèmes contigus 
extérieurs. C'est précisément cette explication nouvelle, 
non pas de l'attraction, mais de la gravitation, qui rend 
compréhensible la répulsion, à de très petites distances, 
que montrent les phénomènes moléculaires. En effet, il 
suffit pour cela d'attribuer la répulsion, non pas seule- 
ment à la température, mais encore aux forces centri- 
fuges internes de chaque molécule, qui n'est plus consi- 
dérée comme un simple point matériel, mais comme un 
système dynamique complexe, un système de ions et 
d'électrons d'après l'actuelle théorie électronique. Tandis, 
qu'en admettant qu'il existe une force attractive, ou même 
que les choses se passent comme si cette force existait, ce 
serait précisément aux très petites distances qu'elle devrait 
agir avec le maximum d'intensité d'après la loi de Newton. 
Il est donc inadmissible que les choses se passent comme si 
les points matériels s'attirent, et c'est le contraire qui est 
vrai, car les tourbillons élémentaires ou électrons, à cause 
de leur mouvement interne perpétuel, se repoussent réci- 
proquement, c'est-à-dire qu'ils se repoussent par les chocs 
innombrables des points matériels qui les constituent. Ce 
qui fait de chaque électron un élément cinétique et dyna- 
mique matériel qui possède une sphère d'action limitée. 
Or, s'il en est ainsi, le milieu qui remplit l'espace et sert à 
transmettre la lumière, qui est forcément constitué par des 
électrons, doit exercer sur chaque élément de masse, une pres- 
sion proportionnelle au nombre des électrons qui peuvent 



10 SÉANCE DU 7 JANVIER 

agir librement sur le même. Cette loi est générale, elle doit 
être appliquée autant aux grandes distances qu'aux très 
petites, aux astres comme aux molécules et aux atomes. 
Ce sont donc les forces centrifuges réelles, que l'on constate 
dans le rayonnement, et non pas les centripètes imaginaires, 
qui permettent d'expliquer mécaniquement, sans hypothèses 
gratuites et contradictoires et sans restrictions, la loi de New- 
ton. 

Voyons maintenant ce qui produit la cohésion molécu- 
laire dans les phénomènes tels que la dureté et ténacité 
des solides, la viscosité des liquides, la force élastique 
d'un ressort, la résistance à la traction, etc. Si, entre les 
points matériels, qui sont les éléments ultimes des corps, 
n'existe aucune force attractive, et qu'au contraire ils se 
comportent comme les molécules des gaz d'après la théo- 
rie cinétique, s'entrechoquant mutuellement et incessam- 
ment, comment expliquera-t-on la série de phénomènes 
qu'on vient de citer? La physique n'a pas, jusqu'ici, trouvé 
celte explication, même avec l'aide de ses hypothèses 
contradictoires de l'attraction moléculaire et des répulsions 
aux distances minimes. C'est que, ce sont elles qui l'en ont 
empêchée. En effet, dès que l'on abandonne la première 
de ces deux hypothèses, le problème s'éclaircit par l'inter- 
vention des pressions du milieu. 

Prenons comme exemple le phénomène de traction et 
tâchons d'en analyser le mécanisme. Quand on tire le bout 
d'une corde élastique dont l'autre bout est fixé, on com- 
mence par exercer une pression sur la corde en la serrant, 
puis on s'efforce à modifier sa forme en longueur. Comme 
ce sont les pressions du milieu ambiant qui maintiennent 
la forme, qui empêchent donc les déformations, longitudi- 
nale et transversale, de la corde, si l'effort réussit à la 
rallonger, cela signifie qu'il y a eu une poussée longitu- 
dinale, en sens opposé à la pression du milieu, et que 
celle-ci a dû céder. Mais cette activité a eu lieu aussi dans 
la corde et son action vraie a été une pénétration trans- 
versale, qui a produit une double pression dont l'effet se 
manifesta par un amincissement de la corde. Les points 



SÉANCE DU 21 JANVIER 11 

matériels des électrons constitutifs des atomes de la corde 
ont reçu des points matériels des électrons du milieu, des 
chocs en tel nombre et en telle direction, que leurs posi- 
tions respectives en ont été modifiées de manière à produire 
le changement de forme apparente que l'on a constaté; 
ce qu'on exprime en langage vulgaire, en disant que la 
corde s'est rallongée. Les tractions des corps ne sont donc 
pas des tractions des points matériels, mais des modifications 
du milieu par pressions. Mais il ne faut pas oublier que la 
rigidité du milieu est tellemeut grande qu'il nous serait 
impossible de réagir contre lui, si nous n'en étions pas 
constitués nous-mêmes, de façon que nous puisons notre 
énergie dans ce même milieu, unique possesseur de toute 
l'énergie qui existe. 

Séance du 21 janvier. 

Ch. Du Bois. Un cas de trichosporie, le premier en Suisse. — Th. 
Tommasina. Comment on doit interpréter le concept de D. Poisson 
sur le mode de se propager de la lumière en ligne droite. — Le 
même. Sur la différence irréductible entre les hypothèses mécani- 
ques et les hypothèses symboliques abstraites. 

M. Le D r Ch. Du Bois. Un cas de trichosporie, le premier 
en Suisse. 

Le mot de Irichosporie désigne des affections rares des 
poils produites par des parasites cryptogramiques pour 
lesquels Vuillemin, de Nancy, a proposé le nom Iriehos- 
porum. 

Ces parasites végètent à la surface des poils et produi- 
sent des nodosités plus ou moins saillantes ou des gaines 
assez épaisses. Ils peuvent pénétrer à l'intérieur du poil 
et en provoquer l'effritement, mais la partie folliculaire et 
la racine du poil restent toujours indemnes. C'est un des 
caractères qui les différentie le plus des champignons des 
teignes auxquels ils ressemblent dans leur vie saprophy- 
tique et surtout culturale. 

Les trichospories comprennent: la Piedra. maladie des 
cheveux fréquente chez les femmes de Colombie, dont le 



12 SÉANCE DU 21 JANVIER 

parasite et le trichosporum giganteum et des affections 
semblables rencontrées trois ou quatre fois seulement 
dans les poils de la moustache. 

Il existe un trichosporum ovoïdes de Behrend, trouvé à 
Berlin en 1890. Un trichosporum ovale trouvé à Ham- 
bourg, par Unna. Un trichosporum Beigeli découvert à 
Nancy en 1901. par Vuillemin. 

Dans ces quatres espèces de trichosporum. les seules 
décrites jusqu'à ce jour, le parasite s'est toujours présenté 
sur les poils, sous forme d'articles sporiformes pressés les 
uns contre les autres et dépourvus de véritables filaments 
mycéliens. 

Il n'en est pas de même pour le cas que nous avons eu 
la chance de rencontrer et qui concerne une malade du 
service de la Clinique dermatologique, entrée à l'Hôpital 
pour une inflammation passagère des organes génitaux 
externes ayant tous les caractères d'un intertrigo simple. 

Les poils d'une partie de la région attirèrent notre 
attention par leur couleur plus foncée que celle des poils 
environnants et par les nodosités qui se trouvaient sur 
une partie de leur longueur. Certains se terminaient par 
un pinceau de fibrilles, étaient cassés a un centimètre de 
la surface cutanée, d'au 1res étaient engainés sur une 
assez grande distance par une matière rugueuse et résis- 
tante au toucher. La base des poils malades n'est jamais 
altérée et ils ne s'arrachent pas plus facilement que les 
poils sains. L'affection est restée localisée exclusivement 
aux endroits mouillés par le passage de l'urine. 

L'examen microscopique nous démontra dès le début 
la présence d'un parasite cryptogamique au niveau des 
nodosités et des gaines. Il forme, par place, une véritable 
couche d'éléments cellulaires ronds ou ovales plus ou 
moins comprimés les uns contre les autres, tandis que la 
où débute l'infection, les éléments cellulaires sont plus 
rares et l'on peut voir des filaments mycéliens, irréguliers 
et bifurques se terminant souvent par un article ovoïde. 
Au niveau des nodosités le parasite a pénétré jusqu'au 
milieu du poil en faisant éclater les fibrilles qui le corn- 



SÉANCE DU 21 JANVIER 13 

posent ; là encore les filaments mycéliens sont très nom- 
breux. 

Ces poils furent mis en culture sur tous les milieux 
artificiels employés pour la culture des teignes et après 
trois jours d'étude à 37°, le parasite avait poussé, mais 
seulement sur les milieux contenant du sucre. Cette parti- 
cularité concordant avec le fait que seuls les poils mouillés 
par l'urine étaient atteints, nous engage à faire rapide- 
ment une analyse de cette urine. Elle contenait une 
notable proportion de sucre. Ce diabète ignoré, n'a été 
diagnostiqué que grâce à l'étude de ces poils trichospo- 
riques. 

Les cultures se font dans la profondeur des milieux où, 
apparaissent de longs filaments mycéliens d'autant plus 
fins qu'ils sont plus profonds. Elles ne produisent à la 
surface qu'un petit cône central, humide et grisâtre. Dans 
les cultures en gouttes, on voit le long des filaments 
mycéliens la formation de bouquets de cellules rondes qui 
peuvent chacune donner naissance à une cellule fille. 

Nous avons constaté que ce parasite peut se cultiver sur 
tous les milieux, mais son développement est beaucoup 
moins riche et surtout beaucoup plus lent sur ceux qui ne 
contiennent pas de sucre. Il ne liquéfie pas la gélatine. 

L'inoculation au cobaye n'a pas encore donné de résul- 
tat bien que nous ayons soin de laver l'animal à l'eau 
sucrée. 

En résumé* nous nous trouvons en présence d'un para- 
site qui doit rentrer dans le genre trichosporum puisqu'il 
possède cette propriété caractéristique de former sur les 
poils qu'il envahit, des nodosités et des gaines. Il diffère 
de tous les trichosporum décrits, d'abord par sa localisa- 
tion aux organes génitaux, puis par la forme mycélienne 
dans la vie saprophytique et enfin par son goût tout à fait 
particulier pour les hydrocarbures. 

Nous proposons donc de l'appeler trichosporum glyco- 
phile, créant ainsi une cinquième espèce, en attendant 
que de nouvelles observations viennent éclairer nos con- 
naissances sur ces saprophytes dont l'origine est inconnue. 



14 SÉANCE DU 21 JANVIER 

M. Th. Tommasina. — Comment on doit interpréter le 
concept de Denis Poisson sur le mode de se propayer de la 
lumière en ligne droite. — Quatorzième Note sur la phy- 
sique de la gravitation universelle. 

Dans le tome XVIII des Mémoires de l'Académie des 
Sciences de l'Institut de France, paru en 1840. se trouve 
le célèbre Mémoire de Poisson «Sur l'équilibre et le mou- 
vement des corps cristallisés ». lu à l'Académie, le 28 octobre 
1839. suivi du Mémoire, non moins célèbre, de Cauchy, 
«Sur la polarisation rectiligne et la double réfraction», qui 
avait été présenté le 20 mai de la même année. Je me 
suis demandé le pourquoi de cette inversion d'ordre dans 
la publication. C'est que Siméon-Denis Poisson venait de 
mourir; cela m'a été rappelé par les lignes suivantes 
qu'on a ajouté a la fin de son Mémoire, que je reporte 
ici. parce qu'elles placent Poisson entre les précurseurs 
de ma théorie. Les voici : « M. Poisson n'a pas achevé 
d'écrire le troisième paragraphe de ce premier Mémoire, 
à la suite duquel, ainsi qu'il le dit au préambule de celui- 
ci. il se proposait encore de présenter à l'Académie un 
second Mémoire sur la lumière. Pendant la maladie 
longue et douloureuse qui l'a enlevé aux sciences, il a 
bien souffert du regret d'emporter avec lui les décou- 
vertes dont son imagination infatigable était pleine. 
Quand le mal moins avancé lui permettait encore de cau- 
ser science avec ses amis, il a dit qu'il avait trouvé com- 
ment il pouvait se faire, qu'un ébranlement ne se propa- 
geât dans un milieu élastique que suivant une seule 
direction ; le mouvement propagé suivant les directions 
latérales étant insensible aussitôt que l'angle de ces direc- 
tions avec celle de la propagation était appréciable. Il 
arrivait ainsi à la propagation de la lumière en ligne 
droite. Plus tard, cédant au mal, et se décidant enfin à 
interrompre l'impression de son Mémoire : c'était pour- 
tant, a t-il dit, la partie originale, c'était décisif pour la 
lumière; et cherchant avec peine le mot pour exprimer 
son idée, il a répété plusieurs fois: c'était un filet de 
lumière. Puissent ces paroles, religieusement conservées 



SÉANCE DU 21 JANVIER 15 

par les amis de M. Poisson, les dernières paroles de 
science qui soient sorties de sa bouche, mettre les savants 
sur la trace de sa pensée, et inspirer un achèvement de 
son œuvre digne du commencement. » 

Cette annotation est probablement d'Arago, alors secré- 
taire perpétuel de l'Académie. Il est intéressant de cons- 
tater que 13 ans après la mort de Fresnel et 9 ans après 
celle de Thomas Young, le problème de la connaissance 
du mécanisme apte à expliquer la propagation de la 
lumière en ligne droite hantait encore la pensée de ces 
hommes d'élite. Un mathématicien, tel que Poisson, ne 
se contentait donc pas des solutions analytiques abstraites, 
il voulait concevoir le mécanisme vrai producteur du 
phénomène. 

Comment peut-on interpréter le mot filet, prononcé par 
le mourant? Entre les nombreuses significations de ce 
mot, deux seules sont applicables ici : filet, dans le sens 
d'alignement linéaire, de filaments déliés ou fibres, nom 
déjà utilisé, pour expliquer le même fait, par un aulre 
célèbre mathématicien, un siècle avant Poisson, par Jean 
Rernoulli ; ou, filet, dans le sens de rets, de tissu à claire- 
ooie, à mailles, donc réseau, tissu réticulé ou cellulaire. 
Or, ces deux interprétations amènent le même méca- 
nisme, celui que j'ai tiré directement de la constatation 
des pressions Maxwell-Bartoli transversales et longitudi- 
nales d'après la dynamique électronique, décrit dans mes 
Notes précédentes. 

En effet, le filet de lumière de Poisson, dans le premier 
sens, n'est autre que mon rayon élémentaire vrai, cons- 
titué par un alignement continu d'électrons, qui, à cause 
de leurs vibrations transversales, prend la forme d'enrou- 
lement hélicoïdal, dont le nombre variable des spires cor- 
respond au nombre des vibrations. Dans le deuxième 
sens, l'on a qu'à considérer la section d'un faisceau des 
mômes rayons, faite normalement à leur direction. Si 
l'on suppose projetées sur cette tranche transversale les 
orbites contigues des électrons, l'on a le tissu cellulaire 
ou réliculaire à claire-voie, et cette section est, idéale- 



16 SÉANCE DU 21 JANVIER 

ment, un élément plan ou tangentiel de surface d'onde du 
faisceau de rayons considéré. 

Il est facile de comprendre, maintenant, pourquoi 
Poisson jugeait décisif, pour la solution du problème de 
la propagation de la lumière en ligne droite, un tel méca- 
nisme, car l'hypothèse du rayon élémentaire, non plus 
abstraction idéale, mais formation réelle, à laquelle abou- 
tissent les deux significations du mot filet, montre non 
seulement la direction, mais même le mécanisme vrai du 
mode de propagation dans la totalité du phénomène du 
rayonnement. 

M. Th. TomiMASINA. — Sur la différence irréductible entre 
les hypothèses mécaniques et les hypothèses symboliques 
abstraites. — Quinzième Note sur la physique de la gravi- 
tation universelle. 

Il est essentiel en science et surtout en science théo- 
rique de s'entendre et de se mettre d'accord sur la signi- 
fication exacte des mots et des choses. En plusieurs de 
mes Notes précédentes j'ai tâché de montrer les graves 
conséquences du manque de précision et de correction 
dans le langage, à propos des cas spéciaux qui s'y 
trouvaient exposés. 

Ce qui caractérise la nouvelle physique étant l'intro- 
duction de mécanismes vrais, bien que hypothétiques, 
comme bases de toutes les théories et comme point de 
départ de l'interprétation des faits et des lois, il est 
nécessaire de ne laisser subsister aucune confusion 
d'idées là-dessus. Le but de cette Note est d'éliminer 
d'emblée certaines critiques, dont le manque de connais- 
sance exacte des notions fondamentales leur ôte toute 
valeur. 

On confond généralement deux catégories de notions 
hypothétiques, qui sont, pourtant, non seulement bien 
distinctes, mais de nature très différente et absolument 
irréductibles les unes aux autres : ce sont les hypothèses 
mécaniques et les hypothèses symboliques. Or, les hypo- 
thèses symboliques sont de pures abstractions, qui n'ont 



SÉANCE DU 21 JANVIER 17 

pour le physicien d'autre but que de fixer par des formes 
géométriques, certains aspects simplifiés de la cinéma- 
tique cachée du phénomène, en les symbolisant schéma- 
tiquement, tandis que les hypothèses mécaniques, au 
contraire, doivent constituer la forme réelle et complète 
de cette même cinématique, la forme que l'on constaterait 
s'il nous était permis de pénétrer jusqu'à elle. 

Je vais éclaircir la chose par un exemple pris dans la 
théorie ondulatoire de la lumière. Dans cette théorie, 
l'hypothèse des vibrations transversales par rapport à la 
direction du rayonnement, appartient à la première caté- 
gorie, celle des mécanismes vrais, qui sont hypothétiques 
parce que cachés, tandis que l'hypothèse des sphères 
d'onde concentriques appartient à la seconde catégorie, 
celle des symboles schématiques qui ne sont pas hypo- 
thétiques parce que cachés, mais parce qu'ils n'existent 
nulle part, n'étant que dépures abstractions géométriques. 
Je pense que ce seul exemple suffit pour montrer avec 
toute l'évidence désirable, comment se trompent grossiè- 
rement les physiciens et les mathématiciens qui con- 
fondent en une seule ces deux catégories d'hypothèses, 
en les considérant comme de purs artifices. 

Les conclusions des analystes, qui, dans le but d'établir 
toute la physique théorique sur des simples ou arcicom- 
plexes notations algébriques, refusent d'accepter comme 
base explicative les mécanismes hypothétiques tirés 
directement des données expérimentales et les déclarent 
inutiles et non sérieux, sont donc fausses. Mais les 
analystes conservent peut-être encore des doutes sur la 
nécessité qu'il y a, pour ne pas entraver le progrès de la 
science expérimentale, de séparer franchement les méca- 
nismes vrais des symboles, car ils semblent ne pas recon- 
naître l'importance que confère aux premiers le caractère, 
qui leur appartient en propre, exclusivement, d'être la 
cause mécanique réelle des phénomènes. 

L'exemple que nous avons choisi va nous permettre de 
leur lever ces doutes. Appliquons leur conclusion, citée 
ci-dessus, successivement à chacune des deux hypothèses ; 



18 SÉANCE DU 4 FÉVRIER 

ils verront immédiatement, sans qu'il soit nécessaire de 
le leur faire remarquer, que leur conclusion ne saurait 
être appliquée à l'hypothèse mécanique des vibrations 
transversales, car sans cette hypothèse toute la théorie 
de la lumière disparait, n'ayant plus sa base ou son point 
de départ, qui est donc bien ce mécanisme vrai mais 
caché; tandis que leur conclusion est applicable à l'autre 
hypothèse, celle, purement géométrique et abstraite, des 
sphères d'onde concentriques. En effet, ces sphères 
d'onde ne sont en réalité que des surfaces idéales, cons- 
tituant le lieu des actions équipotentielles, dans la suppo- 
sition que l'activité du milieu homogène n'aurait qu'une 
source unique. 

Ce qui montre que les seules hypothèses physiques 
admissibles comme telles, sont les mécaniques, qu'elles 
sont nécessaires et doivent être suffisantes. Aussi nous 
devons reconnaître que Huygens affirmait une vérité en 
disant que l'explication physique est forcément et exclu- 
sivement mécanique. 



Séance du 4 février. 

Th. Tommasina. L'hypothèse de l'électron et les deux nouvelles 
physiques. — Le même. Hypothèse fondamentale pour une méca- 
nique de l'électron. — Briquet. Organisation de l'embryon dans 
le groupe de l'Erodium cicutarium. — Le même. Les caractères 
de la tourbière du lac de Creno en Corse. 

M. Th. Tommasina. — L'hypothèse de l'électron et les 
deux nouvelles physiques. — Seizième Note sur la physique 
de la gravitation universelle. 

Le principe fondamental, le postulatum, de ma théorie, 
est une vérité assiomatique, il est l'affirmation que la 
matière ne peut agir là où elle n'est pas. L'évidence de ce 
principe m'assure de la victoire dans ma lutte contre le 
principe des forces à distance. La constatation de la 
pression de la lumière montre que pour avoir un milieu, 
tel que l'éther de Lorentz et de Poincaré, qui ne présente 
aucune résistance au déplacement des astres, il faudrait 



SÉANCE DU 4 FÉVRIER 19 

pouvoir le mettre à l'abri de tout rayonnement ou démon- 
trer qu'il en est impénétrable. Or cela est irréalisable et 
d'ailleurs inadmissible d'après le fonctionnement qu'on 
attribue à l'éther dans la transmission de la lumière. Ce 
milieu n'étant donc point passif, mais actif, il faut recon- 
naître son activité, qui est forcément motrice, et conclure 
que la gravitation est fonction exclusive du mécanisme du 
rayonnement universel. C'est la seule conclusion logique 
qu'on peut tirer du fait constaté. D'autre part, la gravita- 
tion étant étudiée dans sa nature de phénomène, cette 
nouvelle théorie devait être présentée comme une phy- 
sique de la gravitation et c'est dans ce but que je l'ai rat- 
tachée à la théorie des électrons, modifiée d'après ma 
manière de voir, avec laquelle elle s'accorde parfaitement, 
ainsi qu'il est démontré dans mes Notes précédentes. 

La modification fondamentale apportée à la physique 
théorique par l'hypothèse de l'électron, n'est mise en 
doute par personne, mais il y a, dans les vues des sa- 
vants, de fortes divergences; les opinions personnelles 
n'ont pas encore trouvé le cadre ou la formule qui puisse 
les renfermer ou les embrasser en une synthèse générale. 

Ce qui nous frappe à cause de ses effets immédiats, 
dans l'introduction en physique de la nouvelle hypothèse, 
c'est qu'on y substitue en lieu et place de l'ancien élé- 
ment, purement mécanique, le point matériel, un élément 
physique, l'électron. 

M. Langevin 1 , avec la presque généralité des physi- 
ciens, voit Là l'aube d'une nouvelle physique qui serait 
essentiellement électromagnétique. Aussi M. Poincaré, 
préoccupé de cette évolution possible, écrit : « Supposons 
que, d'ici quelques années, ces théories subissent de nou- 
velles épreuves et qu'elles en triomphent; notre ensei- 
gnement secondaire courra alors un grand danger : quel- 
ques professeurs voudront, sans doute, faire une place aux 
nouvelles théories. Les nouveautés sont si attrayantes, et 

1 P. Langevin. La physique des électrons. Eev. gén. des Se 
30 mars 1905. p. 257-276. 



20 SÉANCE DU 4 FÉVRIER 

il est si dur de ne pas sembler assez avancé ! Au moins, 
on voudra ouvrir aux enfants des aperçus et, avant de 
leur enseigner la mécanique ordinaire, on les avertira 
qu'elle a fait son temps et qu'elle était bonne tout au plus 
pour cette vieille ganache de Laplace 1 ». Ce jugement est 
par trop pessimiste et le grand mathématicien verra que 
l'évolution de la science n'amènera aucun effet fâcheux et 
ouvrira, au contraire, des champs nouveaux. 

La physique théorique actuelle va être remplacée par 
deux sciences nouvelles, se complétant, mais parfaitement 
distinctes l'une de l'autre : 

\ . — Une physique théorique générale électromagnétique 
embrassant tout le champ de la physique expérimentale, qui 
en subira les conséquences. Ainsi, par exemple, même dans 
les phénomènes qui semblent n'avoir aucun rapport avec 
l'électricité, comme ceux de l'hydraulique et de l'acous- 
tique, sans toucher naturellement aux faits et aux lois, on 
tiendra compte dans leur interprétation de l'activité in- 
cessante électromagnétique du milieu, non pas seulement 
comme une action concomittante réelle négligeable, mais 
comme une action fondamentale. Ce qui fera entreprendre, 
certes, de nouvelles recherches, amenant la découverte 
de lois et de faits importants et probablement d'autres 
formes de l'énergie. 

2. — Une physique théorique mathématique purement 
mécanique, qui recevra toute la mécanique rationnelle clas- 
sique, donc une cinématique et même une statique et une 
dynamique de ce qui se passe dans l'électron. Une phy- 
sique, en somme, exclusivement intra-électronique, dont 
le champ d'étude ne pourra dépasser la limite de l'élec- 
tron. Les éléments intégrants de celui-ci étant des points 
matériels se déplaçant dans le vide absolu, toute action s'y 
transmet par contact, frottements ou chocs, aussi les mou- 
vements y sont-ils perpétuels, étant indestructibles. De 

1 H. Poincaré. La dynamique de V électron. § XVI. Conclusions. 
p. 402. - Bev. gén. des Se, 30 mai 1908, p. 386-402: — Science 
et Méthode, p. 271. E. Flammarion, éditeur, Paris, 1908. 



SÉANCE DU 4 FÉVRIER 21 

même y sont-ils invariables le nombre des points matériels 
et la quantité de l'énergie, l'égalité de l'action et de la 
réaction y étant absolue. 

L'électron, cellule de l'éther, système sans entropie, est 
donc le monde de Riemann, où sera applicable sa géométrie 
non euclidienne. En effet on a là un ensemble, ou assem- 
blage, élastique, outil de propagation, qui transmet tou- 
jours intégralement toute l'énergie qu'il reçoit du dehors, 
c'est-à-dire de l'activité ou fonction transmettrice des autres 
électrons contigus, chacun d'eux conservant absolument in- 
variable sa propre énergie interne, donc son élasticité. 

Voilà les deux physiques théoriques qui vont naître par 
le fait de la révolution apportée par l'hypothèse de l'élec- 
tron, dans les notions fondamentales de la science. 

M. Th. Tommasina. — Hypothèse fondamentale pour une 
mécanique de l'électron. — Dix-septième Note sur la phy- 
sique de la gravitation universelle. 

Dans ma Note précédente, j'ai démontré que la phy- 
sique générale électromagnétique, qui prend comme point 
de départ non pas le point matériel mais l'électron, entité 
complexe, admet une mécanique intraélectronique, je vais 
tâcher d'établir l'hypothèse fondamentale de cette der- 
nière. 

Séparons l'un quelconque des électrons tourbillons des 
autres identiques qui l'environnent et le pressent de tous 
les côtés dans le milieu radiant électromagnétique qu'ils 
constituent exclusivement. Plaçons cet élément, qui est 
un système dynamique parfait, sans entropie, sur notre 
table anatomique. Avant de le disséquer faisons une vi- 
site minutieuse de sa surface, des activités cinétiques qui 
doivent y exister, car il nous est connu que, de quelque côté 
qu'on essaye de le déformer, l'électron doit répondre par 
une réaction égale et reprendre ensuite intégralement 
son état précédent. 

L'élasticité que possède l'électron devant être parfaite, 
sa rigidité sera très grande et son impénétrabilité prati- 
quement absolue; aussi, dans l'assemblage cinétique qui 



22 SÉANCE DU 4 FÉVRIER 

le constitue, le mouvement des particules ou points maté- 
riels ne peut pas être quelconque. Nous observons, que 
les déplacements tourbillonnaires ne se font pas sur des 
plans passant par l'axe du tore, mais sur des plans qui 
passeraient par l'axe d'un tore coupé et étiré sous forme 
de cylindre. Considéré sous cette forme, on voit que ce 
cylindre est constitué exclusivement par des anneaux 
analogues aux anneaux de fumée, qui sont comme infilés 
sur l'axe idéal, et ils le sont de telle façon que le mouve- 
ment, tourbillonnaire ou de rotation, est alternativement 
dextrorsum et sinistrorsum. La surface de l'électron pré- 
sente donc des dissemblances périodiques localisées sui- 
vant des alignements parallèles parfaitement réguliers. 
Pour mettre en évidence la chose, nous allons emprunter 
à Maxwell son petit diable pénétrant partout. Si le petit 
diable de Maxwell place sa main sur la surface de l'élec- 
tron, il n'éprouve aucun entraînement autre qu'une répul- 
sion centrifuge, l'effet des activités, alternativement 
mais simultanément égales et contraires, étant nul. Il 
reconnaît alors que bien que le tourbillon ait la forme de 
tore analogue à celle d'un anneau de fumée de très petite 
ouverture, il en diffère par ceci, que le mouvement des 
particules intégrantes ne se dirige nullement vers l'ouver- 
ture centrale d'un côté pour en sortir de l'autre. Ici, ces 
déplacements ont lieu, au contraire, toujours normale- 
ment aux alignements, ceux-ci étant tous sur des plans 
passant par l'axe de symétrie. L'électron-tourbillon est 
donc formé par autant de petits tourbillons toroïdaux qu'il 
y a d'alignements, constitution qui est imposée par son 
fonctionnement spécial, comme l'on verra dans la suite. 

Pour vérifier la chose, l'on va commencer le section- 
nement. 

Découpons dans l'électron-tourbillon une tranche com- 
prise entre deux alignements, le petit diable nous confir- 
mera que cet élément toroïdal est bien du même type que 
les anneaux de fumée, c'est-à-dire que le mouvement 
tourbillonnaire des particules a lieu suivant des plans 
passant par l'axe de symétrie. Sur une des faces les points 



SÉANCE DU 4 FÉVRIER 23 

matériels entrent par l'ouverture centrale, et en sortent 
sur l'autre, de façon que ces tourbillons élémenlairessont 
des systèmes dissymétriques, ils sont bipolaires, mais ce 
sont les pôles ou les faces identiques qui. seules, peuvent 
rester en contact pour former le tore-électron, parce que 
les mouvements tourbillonnaires s'engrènent et marchent 
dans le même sens. Ce n'est donc pas une adhérence par 
attraction, mais par répulsion nulle. Au contraire, deux 
faces ou pôles dissemblables se repoussent, parce que là 
où elles viennent en contact, ou à s'engrener, les mouve- 
ments, étant en sens opposé, se contrarient. Si l'on admet 
que les vitesses internes de l'électron sont supérieures de 
beaucoup à toutes les autres de la nature, il devient évident 
que l'électron ainsi constitué est indestmctible. 

Mais, continuons notre analyse anatomique pour attein- 
dre les éléments dynamiques primaires, c'est-à-dire le rôle 
cinématique de chaque point matériel dans l'électron. Faisons 
deux sections parallèles très voisines normales aux ali- 
gnements; la tranche ainsi obtenue, à l'aide de notre mi- 
crotome idéal, pourra être égale à l'épaisseur qui sépare 
les plans des orbites contiguës de deux points matériels. 
La condition nécessaire et suffisante pour que les deux or- 
bites restent adhérentes, dans le vide absolu qui se trouve 
dans l'électron, est qu'aucun choc ni frottement ne puisse se 
produire entre les deux points matériels, quelle que soit leur 
vitesse. Ils seront ainsi pratiquement inséparables, bien 
qu'aucune force attractive n'existe entre eux. C'est donc 
un assemblage de ces orbites circulaires qui constitue un 
tore ou tourbillon primaire, chaque orbite étant parcourue 
par un grand nombre de points matériels. 

Un nouvel examen de ces tores primaires dissymé- 
triques formés par de tels éléments dynamiques, va nous 
montrer le mécanisme de leur assemblage qui constitue 
l'électron-tourbillon. Nous pouvons appeler divergente la 
face où les rotations des points matériels sont dirigées du 
centre vers la périphérie, et convergente l'autre ou elles 
vont au centre. D'après ce que nous avons dit plus haut, 
ne peuvent rester adhérentes que deux faces identiques, 



24 SÉANCE DU 18 FÉVRIER 

aussi la première union donne un bi-tore constituant un 
ensemble parfaitement symétrique avec deux faces libres 
convergentes, et la deuxième union donne un bi-tore à 
faces libres divergentes. L'on a ainsi deux types d'élé- 
ments tourbillonnaires non associables. mais qui présen- 
tent cette particularité que si l'on forme un anneau fermé 
ou tore, avec un nombre quelconque, pair ou impair, soit 
exclusivement debi-tores convergents, soit exclusivement 
de bi-tores divergents, l'on a. dans les deux cas. toujours 
la même forme comme résultante, l'on a donc des éléments 
tous identiques; qui sont les électrons. Ce résultat, qui 
montre qu'un seul mécanisme final est obtenu, permet de 
placer cette hypothèse comme base physique fondamentale de 
la mécanique de l'électron. 

M. Briquet présente deux communications, l'une rela- 
tive à l'organisation de l'embryon dans le groupe de l'Ero- 
dium cicutarium L'Hérit. ; l'autre sur les caractères de la 
tourbière du lac de Creno en Corse. Le contenu détaillé 
de ces deux travaux paraîtra prochainement dans l'ou- 
vrage d'ensemble sur la flore de la Corse que va publier 
M. Briquet. 

Séance du 48 février. 

Th. Tommasina. Nouvelle méthode d'étude des séismes à l'aide 
d'indicateurs électriques locaux. — B.-P.-G-. Hochreutiner. Un 
genre aberrent de légumineuses de Nouvelle-Calédonie. — Ed. 
Claparède. Méthode d'économie comme procédé d'étude expéri- 
mentale de l'hérédité des habitudes acquises. 

M. Th. Tommasina. — Note sur une nouvelle méthode 
d'étude des séismes à l'aide d'indicateurs électriques locaux. 

Les microsismographes actuels sont certainement des 
appareils très sensibles, qui donnent à l'aide d'un dispo- 
sitif pantographique ou d'un système de leviers, des tracés 
agrandis des vibrations du sol. avec des résultats parfai- 
tement comparables entre eux, de façon qu'ils permettent 
d'établir la direction et la distance de l'épicentre, même 



SÉANCE DU 18 FÉVRIER 25 

lorsqu'il se trouve à plusieurs milliers de kilomètres. Ils 
sont déjà très répandus ; toutes les villes universitaires, 
les plus importants observatoires astronomiques ou sim- 
plement météorologiques, en sont pourvus. Mais cela ne 
suffit pas. L'on ne pourra commencer à tirer des conclu- 
sions théoriques et explicatives sur la genèse des tremble- 
ments de terre, que lorsque par un grand nombre d'ap- 
pareils indicateurs placés sur la direction des filons sis- 
miques, tout le long de ceux-ci, l'on aura la connaissance 
exacte et simultanée de ce qui se passe à toutes les lati- 
tudes sur la superficie du globe. C'est à quoi il faudrait 
tâcher d'arriver au plus tôt, car ces conclusions touchent 
de multiples autres problèmes, pas encore résolus, qui 
ont trait à la physique terrestre et à l'astronomie. Ainsi, 
par exemple, l'on pourra connaître la valeur du module 
d'élasticité de la terre, déterminer les variations de sa 
densité avec la profondeur, etc. 

Les stations de microsismographes enregistreurs doi- 
vent être multipliées et construites en bonnes conditions 
de fonctionnement continu et régulier. C'est ce qu'on va 
faire, je n'en doute pas. Mais ces appareils, à cause pré- 
cisément de leur très grande sensibilité, donnent des in- 
dications très complexes qu'il est encore difficile de 
débrouiller; en outre, leurs complications mécaniques les 
rendent très délicats et on ne peut les placer autre part 
que dans un local analogue à un cabinet de physique. 

Or, d'après ce que l'on a pu déjà établir sur la statis- 
tique historique des observations simultanées, à l'occasion 
de chaque cataclysme ou important mouvement sismique, 
il semble que les épicentres s'alignent suivant certains 
filons, qui peuvent être des solutions de continuité for- 
mant des crevasses recouvertes d'envoûtements mobiles 
hétérogènes, et cela sur des longueurs pouvant atteindre 
des centaines de kilomètres. Pour le moment, tout cela 
n'est encore que simple hypothèse; supposition plausible 
si l'on veut, mais rien de plus. Il est utile, il est même 
nécessaire de vérifier la chose, de confirmer le fait et 
ensuite de l'étudier de près ; il faudrait donc avoir des 



26 SÉANCE DU 18 FÉVRIER 

stations séismologiques distribuées le long de ces filons. 
Cela coûterait cher et serait d'ailleurs d'une réalisation 
presque impossible en certains pays. 

Déjà il y a trois ans, lors de ma conférence au bénéfice 
des sinistrés de la Calabre, je m'étais occupé de cette 
question, mais ce n'est qu'après la récente catastrophe du 
détroit de Messine, qu'une solution, qui me semble pra- 
tique et de facile et prompte exécution, s'est présentée à 
mon esprit. 

Au lieu des multiples observatoires séismologiques, j'ai 
pensé qu'il suffirait d'avoir de simples indicateurs, mais 
en grand nombre. Ceux-ci, alors, doivent satisfaire aux 
conditions suivantes : 

1° N'avoir aucune complication mécanique facilement dé- 
rangée par les secousses ou détériorée par l'humidité. 

2° N'être pas sensibles du tout aux vibrations minimes, 
mais seulement à partir de celles d'une certaine intensité, 
donc pouvant être réglés en vue de cela. 

3° Etre de dimensions aussi réduites que possible, pour 
qu'on puisse les placer partout, c'est-à-dire au sommet des 
montagnes comme au fond de la mer, dans les profondeurs 
des mines, dans les puits artésiens ou au ras du sol où que 
ce soit, en des trous percés dans la roche, soit sous les tun- 
nels, soit contre les parois nues des montagnes, etc. 

Ces appareils indicateurs doivent être, en somme, des 
sondes nous décelant les pulsations irrégulières de notre 
planète. 

La première condition demande de n'utiliser aucun mé- 
canisme, il faudra donc se servir, comme l'avait fait déjà 
dès 1856 Palmieri. directeur de l'observatoire du Vésuve, 
de contacts électriques, ce qui résout en même temps la 
question de la transmission à distance, c'est-à-dire jusqu'à 
la station sismologique la plus proche, qui pourra même 
se trouver à quelques centaines de kilomètres. D'après 
le nombre des indicateurs qui y seront reliés, ces stations 
pourront prendre une grande importance et devenir même 
de vrais laboratoires scientifiques, comme ceux, par 
exemple, de Roscofi' pour la faune marine. 



SÉANCE DU 18 FÉVRIER 27 

Cette utilisation des contacts électriques permet de créer 
des indicateurs qui répondent aussi aux deux autres con- 
ditions réclamées pour la généralisation de leur usage. 
On pourra choisir entre les différents types, soit ceux à 
plusieurs petits pendules mobiles, soit ceux à un pendule 
unique, masse très lourde et immobile, soit enfin ceux à 
niveau géocentrique. Mais les uns et les autres seront 
placés dans des cavités percées dans un cube d'un isolant 
solide, soufre, caoutchouc, paraffine, etc., dont le choix 
dépendra de l'endroit et de ses conditions thermiques et 
hygrométriques, ainsi que des dimensions. Dans ce bloc 
isolant pénétreront 8 fils conducteurs pour établir des 
contacts électriques suivant les quatre points cardinaux 
et leurs intermédiaires, un neuvième fil sera relié soit aux 
pendules par leur attache, soit au liquide conducteur (mer- 
cure). Ces contacts servant h des courants très faibles et 
à bas potentiel pourront durer très longtemps. Les 9 fils 
isolés forment un câble analogue aux câbles téléphoniques. 

A la station sismologique centrale réceptrice, il y aura 
pour chaque indicateur, outre l'appareil enregistreur, un 
dispositif à déclanchement et à sonnerie, qui servira 
d'avertisseur et permettra de vérifier immédiatement la 
marche régulière de l'enregistreur. Au placement, chaque 
indicateur sera réglé d'avance par rapport au bloc, soit 
pour sa position horizontale, soit pour son orientation. 
Je ne peux en dire davantage ici, un travail plus complet 
paraîtra ailleurs. 

M. B.-P.-G. Hochreutiner fait une communication sur 
un genre aberrent de Légumineuses de Nouvelle-Calédonie. 

Le genre Arthroclianthus. connu seulement par la 
description de Bâillon [in Adansonia IX, 296 (1870)] faite 
sur une plante de Fr. v. Millier était un genre monotype 
dont les affinités restaient obscures. 

Taubert avait cherché à le classer dans Engler Natiir- 
liche Pflanzenfamilieji (III, I, 3. 331) en le rangeant 
parmi les Hedysarées à cause de son fruit lomentacé et en 
le mettant avec Lespedeza et Hallia dans le groupe des 
Desmodinées dépourvues de stipelles. 



28 SÉANCE DU 18 FÉVRIER 

Or, les Lespedeza sont un genre de l'Amérique du Nord 
et les Hallia constituent un groupe de Légumineuses de 
l'Afrique australe tempérée. Tous deux appartiennent 
donc à des régions totalement différentes de la patrie des 
Arthroclianthus. En outre, tous deux sont constitués 
généralement par des herbes ou de petits arbrisseaux, 
tandis que les Arthroclianthus sont des arbres ou des 
arbustes élevés (3-6 m.). 

Il était donc évident qu'une autre place systématique 
devait être cherchée. Comme l'auteur avait découvert six 
nouvelles espèces du genre en question parmi des plan- 
tes de Nouvelle-Calédonie, appartenant au Musée de 
New- York, il estima nécessaire de tirer au clair les affi- 
nités d'un genre qui se révélait comme un groupe impor- 
tant et polymorphe de cette ile. Les Ougeinia sont les 
seules Légumineuses qui aient des affinités marquées avec 
les Arthroclianthus. Et ces affinités sont si étroites, que 
l'on est fort tenté de réunir les deux genres. 

Toutefois comme la présence de stipelles paraît être 
d'une certaine importance dans la famille, et qu'elle sert 
à y distinguer des tribus, l'auteur pense maintenir les 
deux groupes dont l'un — Ougeinia — , possède des sti- 
pelles, tandis que toutes les espèces de l'autre — Arthro- 
clianthus — en sont dépourvues. En outre aucun Arthro- 
clianthus ne possède de fleurs aussi petites que celles des 
Ougeinia; enfin ce dernier genre est originaire du Nord 
de l'Inde, tandis que le premier est localisé en Nouvelle- 
Calédonie. 

A part cela, on peut dire que le port, arborescent, 
l'aspect des feuilles, l'arrangement des inflorescences, le 
calice à 4 dents et surtout le fruit sont presque identiques 
dans les deux genres. 

Il semble donc indubitable qu'ils doivent être placés 
l'un à côté de l'autre. Mais on est en droit de se demander 
où il faut les classer dans la systématique de la famille ? 
A ce point de vue, on peut dire qu'il est pratique de les 
maintenir parmi les Hédysarées, et, en ce cas, leur place 
est toute indiquée à côté des Desmodium dont ils sont en 



SÉANCE DU 18 FÉVRIER 29 

quelque sorte une forme arborescente, mais cette affinité 
est assez extérieure. 

Si nous ne nous laissons pas hypnotiser par l'impor- 
tance du fruit et que nous accordions quelque attention à 
la forme de la fleur, à carène proéminente, et à calice 
4-lobé, nous verrons qu'il y a aussi, parmi les Phaséolées, 
des genres présentant parfois des légumes pourvus de 
rétrécissements successifs et de parois transversales entre 
les graines. 

Il y a même un genre dont certaines espèces présentent 
ce caractère d'une façon très marquée et l'auteur pense 
ici aux Mucuna ctjanosperma et pruriens. Or précisément 
les Mucuna et tous les genres voisins : Butea, Cochlianthus 
et même Apios ont les deux dents supérieures du calice 
soudées et une carène dépassant un peu et parfois beau- 
coup la longueur de l'étendard. Le fait que les Mucuna 
ont aussi 5 étamines longues, alternant avec 5 courtes et 
un style allongé, terminé par un stigmate subcapité, vient 
encore confirmer ces analogies et amène à la conclusion 
que, tout en restant placés à côté des Desmodium,\es Ou- 
geinia et les Arthroclianthus ne sont pas sans avoir une 
singulière affinité avec quelques Phaséolées en général, 
et avec les Mucuna en particulier. 

M. Ed. Claparède présente une note sur la méthode 
d'économie comme procédé d'étude expérimentale de l'hérédité 
des habitudes acquises. 

L'hérédité des habitudes acquises par l'individu est 
toujours un objet de controverse parmi les biologistes. 
Jusqu'ici aucun fait absolument décisif n'a pu être invoqué 
en faveur de cette hypothèse. 

Pour trancher cette question par l'expérience, il faudrait 
faire prendre une certaine habitude à un couple d'animaux, 
dresser dans le même sens les rejetons et arrière-rejetons 
de ce couple primitif, pendant un grand nombre de géné- 
rations, et voir si cette habitude iinit par devenir innée. 
Mais on conçoit aisément l'obstacle auquel se heurte une 
expérience de ce genre : c'est la brièveté de la vie de 
l'expérimentateur, qui ne pourra suivre qu'un beaucoup 



30 SÉANCE DU 18 FÉVRIER 

trop petit nombre de générations pour que l'absence 
d'hérédité de l'habitude acquise puisse être une preuve 
de la non-possibilité d'une telle hérédité. 

Pour obvier à cet inconvénient, on pourrait utiliser en 
vue de la solution de ce problème la Méthode d'économie 
que le psychologue Ebbinghaus avait imaginée pour étudier 
l'intensité des traces restant dans la mémoire un certain 
temps après l'étude d'un texte ou d'une poésie. Voici en 
quoi consiste cette méthode : on mesure le temps néces- 
saire à la mémorisation d'une poésie ; soit 10 minutes ce 
temps. Pour savoir ce qui reste de la mémoire de cette 
poésie au bout d'une certaine durée, par exemple 3 mois, 
on cherchera quelle est l'économie de temps que réalise 
le sujet pour la mémoriser de nouveau. Ainsi s'il ne met que 
6 minutes pour la réapprendre, cela prouve qu'il restait 
certaines traces de cette poésie dans sa mémoire, puisqu'il 
a économisé 4 minutes sur le temps qu'il lui avait fallu 
pour l'acquérir la première fois. 

Cette méthode d'économie, on le voit, peut permettre 
de mesurer de simples traces mnésiques, et cette mesure 
peut être effectuée même si ces traces sont trop faibles 
pour permettre au sujet de reproduire la chose apprise. 

Il me semble que cette méthode, qui mesure si bien les 
traces en train de s'évanouir et qui sont déjà tombées 
au-dessous du seuil de reproductibilité, pourrait être aussi 
employée pour mesurer les traces en train de se former, 
et qui n'ont pas encore atteint ce seuil de reproductibilité, 
en d'autres termes, pour déceler la présence d'habitudes 
qui ne sont pas encore complètement acquises, mais qui 
sont en voie d'organisation. 

Voici comment l'expérience pourrait être conduite : 
Apprendre par exemple à un couple de rats blancs à 
s'orienter dans un labyrinthe 1 , et noter le temps mis par 

1 Le procédé du labyrinthe a donné lieu, dans ces dernières 
années, à un grand nombre d'expériences, de la part des psycho- 
logues américains. Ces expériences ont montré que les animaux 
apprennent extrêmement rapidement (le rat blanc, en '/« heure 
à 1 heure, par exemple), à circuler sans commettre d'erreur dans 
un labyrinthe compliqué. 



SÉANCE DU 18 FÉVRIER 3L 

chacun d'eux pour acquérir celte habitude. Puis laisser 
ces animaux fréquenter le labyrinthe jusqu'à ce qu'ils 
aient de la progéniture. Répéter alors l'expérience sur 
leurs rejetons en mesurant combien de temps chaque 
individu met pour acquérir l'habitude de ce même laby- 
rinthe. (Ce temps peut être déterminé très exactement, à 
une seconde près). Une fois la détermination faite, chaque 
animal serait laissé dans le labyrinthe de façon à ce qu'il 
continue à en conserver l'habitude, jusqu'au moment de 
la parturition. 

Par ce procédé on devrait constater, si l'hérédité des 
habitudes acquises est un fait réel, une diminution pro- 
gressive, chez les rejetons, du temps d'apprentissage du 
labyrinthe. Grâce à la délicatesse de la méthode, l'étude 
d'un petit nombre de générations permettrait déjà de saisir 
la présence de traces en train de s'organiser, si l'organi- 
sation de ces traces est une réalité. 

Il est évident en effet que, si une habitude se transmet 
à la longue par hérédité grâce à l'accumulation des expé- 
riences faites au cours des générations successives, cela 
implique la fait que des traces de cette habitude sont déjà 
transmises aux générations qui succèdent immédiatement 
à celle qui a expérimenté pour la première fois cette habi- 
tude. La méthode d'économie permet donc de s'assurer 
de l'existence ou de la non-existence de l'hérédité d'une 
habitude, en ne suivant que quelques générations. 

Cette méthode pourrait, bien entendu, s'appliquer à 
d'autres habitudes qu'à celle de l'orientation dans un 
labyrinthe. Pour éviter les causes d'erreur pouvant tenir 
aux différences individuelles, plusieurs familles d'animaux 
devraient être suivies simultanément. 

Peut-être ce procédé d'économie pourrait-il s'appliquer 
aussi à des expériences portant sur l'hérédité de caractères 
acquis par les végétaux. 



32 SÉANCE DU 4 MARS 



Séance du 4 mars. 

F. Battelli et M 1Ie Stern. Respiration vitale et respiration fermenta- 
tive chez les animaux. — Ch. DuBois. Epidémie parasitaire chez 
la souris. 

M. Battelli et M lle Stern. communiquent les résultats 
de leurs recherches sur la respiration vitale et la respi- 
ration fermentative des tissus animaux. Ils arrivent à la 
conclusion que dans plusieurs organes existent superposés 
deux processus respiratoires de nature différente. Un 
processus est lié à la vie des cellules, et l'extrait aqueux 
des tissus ne le présente pas; il constitue une respiration 
vitale, à laquelle les auteurs donnent le nom de respiration 
principale. Le second processus n'est pas lié à la vie des 
cellules, et les substances qui le constituent passent en 
solution dans l'eau; il représente une respiration fermen- 
tative, à laquelle les auteurs donnent le nom de respiration 
accessoire. 

Les principaux caractères qui distinguent la respiration 
principale de la respiration accessoire sont (outre ceux 
qu'on vient d'indiquer), les suivants : 

La respiration principale diminue peu à peu d'intensité 
après la mort; la respiration accessoire reste très long- 
temps constante après la mort. La respiration principale 
est fortement inhibée ou abolie par les poisons à faibles 
doses; la respiration accessoire est peu inhibée par les 
poisons. La respiration principale est augmentée par la 
pnéine ; la respiration accessoire n'est pas augmentée par 
la pnéine. La respiration principale est abolie si on traite 
le tissu par quelques volumes d'alcool ; la respiration 
accessoire résiste à ce traitement, et on la retrouve dans 
le précipité alcoolique. La respiration principale est de 
nature inconnue, la respiration accessoire est de nature 
fermentative. La respiration principale et la respiration 
fermentative sont détruites par l'ébullition. 

La respiration accessoire serait due à des ferments 
oxydants, pouvant produire de 1' CO 2 . Comme type de 



SÉANCE DU 4 MARS 33 

ces ferments, on doit citer le ferment uricolytique, qui 
décompose l'acide urique avec absorption d' O 2 et déga- 
gement de CO 2 . Les auteurs ont étudié les échanges gazeux 
produits par ce ferment agissant sur l'acide urique. Le 
ferment uricolytique existe dans plusieurs organes, et est 
très abondant dans le foie de cheval et de chien, dans le 
rein de bœuf. etc. Dans la plupart des organes le quotient 
respiratoire donné par la décomposition de l'acide urique 
est égal à deux. 

Toutefois la respiration accessoire n'est le plus souvent 
pas due au ferment uricolytique lui-même. En effet, il 
existe des organes, comme le foie de mouton, qui ont une 
respiration accessoire élevée, et qui sont très pauvre en 
ferment uricolytique. 

Les auteurs émettent l'hypothèse que la respiration 
accessoire jouerait surtout un rôle de protection, de 
défense, en détruisant des substances toxiques, comme 
c'est le cas par exemple pour le ferment uricolytique, 
auquel on pourrait donner le nom (l'uricase. 

M. le D r Charles DuBois présente une communication 
sur une épidémie spontanée de Favus chez la souris. 

Un oiseleur de notre ville attira un jour notre attention 
sur la particularité que présentaient toutes les souris pri- 
ses dans son magasin. Elles portaient sur la tête une 
excroissance blanc-jaunâtre qu'il prenait pour une pro- 
duction cancéreuse. 

L'examen de la première souris qu'il nous remit, nous 
montra qu'il s'agissait d'une infection cryptogamique, d'un 
Favus, dont l'agent parasitaire mis en culture présenta 
tous les caractères de l'Achorion Quinckeanum. Espèce 
connue et décrite comme spéciale à la souris et se ren- 
contrant rarement dans les infections faviques humaines. 

Comme les souris abondaient chez notre oiseleur, nous 
avons pu en capturer $2 vivantes et porteuses de lésions 
faviques, ce qui nous permit d'étudier pendant plus d'un 
mois l'évolution de l'infection. 

Au début de la maladie le parasite forme à la base des 

3 



34 SÉANCE DU 18 MARS 

poils infectés de petits godets jaunâtres, qui bientôt se 
conglomèrent en des croûtes plus ou moins épaisses, 
irrégulières et mamelonnées qui peuvent atteindre un 
demi centimètre d'épaisseur et qui sont fortement adhé- 
rentes à la peau. 

Chez toutes les souris l'infection avait débuté par le 
museau et était restée localisée à la tête, ne dépassant pas 
la limite du cou. Les productions coûteuses formaient 
une sorte de casque, envahissant parfois les yeux et pou- 
vant provoquer la destruction du pavillon de l'oreille. 
L'éruption est prurigineuse et l'animal en se grattant peut 
arriver à se débarrasser de son parasite ; il guérit alors 
en conservant des plaques d'alopécie cicatricielle au ni- 
veau des endroits infectés, mais ces guérisons spontanées 
sont rares, presque toujours l'animal se cachectise et 
meurt avant d'avoir pu extirper son parasite. 

Pour lutter contre les souris, notre oiseleur avait installé 
dans son magasin un gros hérisson qui en détruisait 
beaucoup. Mais au bout d'un mois, il présentait lui-même 
sur le museau une inoculation favique qui envahit rapi- 
dement toute la tête et l'animal refusant toute nourriture 
mourut au bout de quelques jours. 

L'ensemencement de ses croûtes donna des cultures 
pures d'Achorion Quinckeanum. Le parasite peut donc se 
transmettre des souris au hérisson. 

Recherchant l'origine de cette épidémie, nous avons pu 
constater que dans les maisons avoisinantes aucune souris 
ne présentait du Favus. Il faut donc supposer qu'elles 
s'inoculaient à l'endroit même où elles vivaient et où on 
les prenait: il est probable que c'est parmi les graines, 
toujours en grande provision chez l'oiseleur que se trou- 
vaient les spores faviques, car c'est évidemment en man- 
geant que toutes ces souris s'inoculaient à la tête, comme 
le hérisson le fit du reste à son tour. 



SÉANCE DU 18 MARS 35 



Séance du 48 mars. 

Arnold Pictet. Histologie de la muqueuse buccale et intestinale des 
poissons cyprinoïdes. — Th. Tommasina. Sur la désagrégation 
atomique dans les tubes à vide. 

M. Arnold Pictet résume les résultats de ses recherches 
sur l'histologie de la muqueuse buccale et intestinale des 
Poissons cyprinoïdes (Leuciscus rutilus. Barbus fluviatilis, 
Cyprinus carpio, Carassius auratus et Tinca vulgaris). 

Cavité buccale. L'épithélium buccal, du type pavimen- 
teux stratifié, débute, à sa base, par une strate de cellules 
cylindriques à sommet pointu et possédant une membrane 
basale qui n'est pas toujours nettement marquée. Au-dessus 
de cette strate viennent deux ou trois rangées de cellules 
arrondies et l'épithélium se termine enfin à sa surface 
par plusieurs strates de cellules plates orientées parallèle- 
ment au bord superficiel de la muqueuse. Ces dernières 
cellules sont amincies à leurs extrémités et élargies à 
leur centre où se trouve le noyau ; elles sont disposées 
les unes au-dessus des autres de telle façon que leur élar- 
gissement coïncide avec l'amincissement de deux cellules 
voisines. Leur noyau est ovoïde et pourvu d'un nucléole 
et de quelques granulations chromatiques. La prolifération 
cellulaire se fait plus intensivement à la base et au centre 
de l'épithélium. où nous avons constaté de nombreux 
noyaux en division directe, qu'aux strates de la superficie. 
Il n'a pas été constaté de karyokinèse. 

L'épithélium contient de nombreuses cellules calici- 
formes élargies en forme de sac qui, en certains endroits 
de la bouche, en couvrent toute la superficie ; elles pro- 
viennent de la différenciation de celles des cellules ordi- 
naires qui sont situées dans les couches médianes de 
l'épithélium. 

Les bourgeons terminaux sont très répandus dans la 
bouche des Cyprinoïdes. aussi hien dans le palais que 
dans la langue; ce sont eux qui, en se formant, soulèvent 
la surface de l'épithélium pour former les papilles secon- 



36 SÉANCE DU 18 MARS 

daires microscopiques qui tapissent chacune des papilles 
fongiformes ou foliacées qui couvrent la superficie de la 
cavité buccale. En se formant, les bourgeons terminaux 
compriment les cellules épithéliales avoisinantes et for- 
cent les strates à quitter leur orientation horizontale primi- 
tive, pour devenir verticales. Il résulte de ce mécanisme 
que, vers le fond de la bouche, les bourgeons terminaux 
étant nombreux et serrés les uns contre les autres, toutes 
les strates deviennent orientées verticalement. 

La cavité buccale est tapissée, dans le voisinage du 
pharynx, sur un espace de deux millimètres environ 
avant cette portion du tractus intestinal, d'un épithélium 
fortement plissé; nous trouvons en effet, dans cette ré- 
gion, une succession de plis un peu allongés, s'enchevê- 
trant les uns dans les autres, et dans l'axe desquels le 
tissu conjonctif se soulève en une forte évagination. L'his- 
tologie de ces plis est la même que celle du reste de la 
bouche, avec cette différence cependant que les strates, 
au lieu d'être dirigées verticalement, sont orientées per- 
pendiculairement au bord du tissu conjonctif. En outre, 
sur les côtés de ces plis, l'épithélium est souvent limité, 
principalement aux endroits où les cellules caliciformes 
sont moins abondantes, par une strate de cellules cylin- 
driques dont le sommet n'est pas différencié en un pla- 
teau. Toutes les formes de passage existant entre la forme 
des cellules plates sous-jacentes et celles des cellules cy- 
lindriques qui les dominent, nous en concluons que ces 
dernières proviennent de cellules plates qui se sont allon- 
gées vers la superficie. 

Œsophage. L'histologie de l'œsophage est la même que 
celle de la région plissée qui limite le fond de la bouche. 
Les bourgeons terminaux existent encore, quoique peu 
répandus, dans cet organe. 

L'épithélium de la région qui limite l'œsophage de l'in- 
testin est composé, dans sa profondeur, de quelques 
strates de cellules plates, perpendiculaires au tissu con- 
jonctif et au-dessus desquelles se trouve une trate de cel- 
lules cylindriques à plateau. Cet épithélium mixte, qui est 



SÉANCE DU 18 MARS 37 

composé à la fois des éléments de l'œsophage et de ceux 
de l'intestin, s'étend principalement sur les côtés des plis 
et limite l'œsophage de l'intestin. 

Intestin. Les Cyprinoïdes étudiés n'ont pas d'estomac 
au sens histologique du mot ; bien que débutant par un 
renflement ressemblant à un estomac, leur intestin fait 
suite à l'œsophage. En effet, ce renflement possède une 
structure intime qui est la même que celle de l'intestin et 
nous ne lui avons trouvé aucun des caractères de l'esto- 
mac en général : ni glandes à pepsine, ni cellules cylin- 
driques composées de deux couches de protoplasme diffé- 
rent. En revanche, les cellules caliciformes abondent dès 
l'œsophage, de gros plis longitudinaux en sillonnent la 
muqueuse et le canal cholédoque débouche dans une pa- 
pille qui est située à deux millimètres environ de la fin 
de l'œsophage. 

L'épithélium intestinal est composé, sur toute son éten- 
due, de cellules cylindriques à plateau strié, à travers les 
pores duquel se remarque fréquemment une sécrétion 
protoplasmique ou autre. Au commencement de l'intestin, 
sur un court espace après l'œsophage, des cellules plates 
du type œsophagien sont intercalées de temps en temps 
entre les cellules cylindriques. Le protoplasme des cel- 
lules cylindriques est homogène; des cellules caliciformes, 
possédant un calice sphérique et un élargissement basai 
pour contenir le noyau, existent en grand nombre. 

Les plis intestinaux sont soulevés dans leur axe par une 
forte évagination du tissu conjonctif. Ils sont le plus sou- 
vent simples chez les individus de petite taille et de taille 
moyenne; chez les individus plus âgés, ils se compliquent 
de plissements latéraux; ceux-ci ne possèdent une rami- 
fication du tissu conjonctif que chez les Cyprinoïdes qui 
ont atteint leur plus grande croissance. 

Chez Cyprinus carpio et Carassius auratus.nous consta- 
tons que l'épithélium qui avoisine l'anus est composé de 
cellules cylindriques dont le protoplasme est composé de 
trois couches de nature différente. Les cellules caliciformes 
se sont alors modifiées ; elles sont élargies et ressemblent 
aux cellules cylindriques qui les avoisinent. 



38 SÉANCE DU 18 MARS 

La surface interne de l'intestin des Cyprinoïdes est sil- 
lonnée de longs plis longitudinaux, zigzagues, qui débu- 
tent de suite après l'œsophage et s'étendent sans inter- 
ruption jusqu'à l'anus ; ces plis ne sont pas réunis par des 
plis transverses, sauf cependant chez Cyprinus carpio. 
Chez cette dernière espèce, les plis longitudinaux sont à 
peu près rectilignes, serrés les uns contre les autres et 
réunis par un très grand nombre de commissures trans- 
verses. Cette disposition crée ainsi une infinité de cryptes 
tubulaires profondes, lesquelles étant tapissées de deux 
sortes de cellules (cellules caliciformes et cellules cylin- 
driques), répondent à la définition du mot glande. On sait 
que plusieurs auteur sont voulu faire dériver, de ces cryptes 
tubulaires, les glandes à pepsine des Poissons qui sont, 
actuellement, pourvus d'un estomac différencié. Il y a 
lieu toutefois de faire remarquer : 1° que les cellules cali- 
ciformes sont relativement rares dans les cryptes tubu- 
laires; 2° que celles-ci existent d'un bout à l'autre de l'in- 
testin, tandis que les glandes à pepsine ne se rencontrent 
que dans les estomacs; 3° que les Carpes de grande taille 
sont seules à posséder cette disposition, tandis que chez 
les plus petites les commissures transverses sont trop 
éloignées les unes des autres pour former des cryptes tu- 
bulaires. 

M. Th. Tommasina. Sur la désagrégation atomique dans 
les tubes à vide. — Dix-huitième Note sur la physique de la 
gravitation universelle. 

L'introduction dans la science du principe de l'action 
exclusive des forces Maxwell-Bartoli. c'est-à-dire de dy- 
namiques non newtoniennes, comme explication méca- 
nique du phénomène de la gravitation universelle, amène 
nécessairement une manière de voir autre, plus étendue 
et en même temps plus profonde sur les faits d'expérience 
dont s'occupe le physicien. 

En faisant jouer le rôle principal à l'action toujours 
électromagnétique du milieu en tous les phénomènes, 
ceux-ci viennent à se trouver placés sous un point de vue 



SÉANCE DU 18 MARS 39 

nouveau, qui ouvre, comme je l'ai montré déjà, des 
aperçus inattendus permettant de découvrir certaines cor- 
rélations restées cachées à cause de l'ignorance de la ge- 
nèse mécanique fondamentale. 

Je vais tacher de démontrer dans cette Note la probable 
identité d'origine des phénomènes que l'on observe dans 
les tubes à vide avec ceux de la radioactivité naturelle. 

La ressemblance entre les trois types de rayonnement 
de chacune de ces catégories de phénomènes avait été 
mise en évidence dès le début. Les importantes recherches 
de laboratoire qui ont amené ce résultat théorique, ont 
fourni des connaissances suffisantes pour établir l'hypo- 
thèse, qui semble jusqu'ici la seule plausible, que la ra- 
dioactivité a pour origine la désagrégation de l'atome 
chimique, dont les éléments, après avoir donné lieu aux 
différentes émanations, prennent une forme finale stable, 
celle de l'atome de l'hélium. 

La théorie électronique a permis à M. J.-J. Thomson 
et à d'autres savants d'imaginer des schémas géométriques 
de la constitution dynamique interne de l'atome chimique. 
Bien que les formes suggérées par ces schémas ne soient 
pas encore confirmées expérimentalement, l'existence 
d'une architecture intra-atomique ne saurait être mise en 
doute. L'intervention électromagnétique du milieu, néces- 
saire, selon la nouvelle physique, étant constatée, ici, il 
fallait tâcher de reconnaître si, conséquemment, un phé- 
nomène analogue à celui de la désagrégation de l'atome 
des corps radioactifs ne pouvait pas être produit artificiel- 
lement dans l'air raréfié sous l'action des décharges élec- 
triques périodiques. 

L'on admet que l'anode, dans les tubes à vide, émet un 
rayonnement de ions positifs, or, nous n'avons aucun ré- 
sultat expérimental contraire à la supposition que ces ions 
positifs ne soient constitués de même, que les particules 
de radioactivité a, lesquelles, d'après les récents impor- 
tants résultats des recherches de Rutherford, semblent 
constituer ou devenir les atomes de l'hélium 1 . L'on sait 

i Rutherford et Geiger. Le Radium, T. V, 1908, p. 257-264; 
T. VI, 1909, Rutherford et Royds, pi 47-50. 



40 SÉANCE DU 18 MARS 

que la cathode n'émet qu'un rayonnement d'électrons né- 
gatifs dont on a reconnu la nature, identique à celle des 
électrons (3 de radioactivité. Il est donc permis de sup- 
poser qu'il y a, dans les tubes à vide, un rayonnement de 
Becquerel produit artificiellement, c'est-à-dire provoqué, 
dans ces conditions spéciales, par les charges et dé- 
charges successives des électrodes. Quant aux rayons y, 
qui complètent ce rayonnement, comme ils appartiennent 
à la catégorie des radiations électromagnétiques, ils doi- 
vent exister déjà dans les deux faisceaux, anodique et ca- 
thodique, étant les transporteurs des particules a dans 
l'un, des corpuscules (3 dans l'autre, d'après ma théorie; 
en tous cas, leur existence ne peut pas être douteuse là où 
l'on observe la lumière fluorescente, où les rayons catho- 
diques frappent la paroi interne de l'ampoule et où ils 
sortent sous la forme de rayons X, qui ne diffèrent des 
rayons y que par leur degré de pénétration plus faible que 
celui de ces derniers. On voit donc que l'hypothèse de la 
désagrégation atomique qui explique la formation natu- 
relle des rayons des corps radioactifs, explique aussi la 
formation artificielle ou provoquée des rayons des tubes 
à vide où, sous une pression très réduite, les décharges 
électriques produiraient un déclanchement dans les 
atomes superficiels, donnant lieu à leur explosion, dont 
l'ébranlement du milieu serait la source des rayons 7. 

Aussi les conclusions sur la nature et sur l'identité 
d'origine des rayons des corps radioactifs et des rayons 
produits dans les tubes à vide, peuvent être résumées de 
la manière suivante : 

1° La radioactivité naturelle est un phénomène qui a lieu 
sur certains corps dont le poids atomique est le plus élevé, 
où, probablement à cause de cela, les pressions centrifuges 
des dynamiques électromagnétiques intraatomiques, en dé- 
passant, dans les atomes superficiels, la résistance des champs 
électromagnétiques extérieurs, provoquent l'explosion de tous 
les atomes, au fur et à mesure quils deviennent à leur tour 
superficiels. Cette action instantanée donne lieu au rayon- 
nement de radioactivité et aux recombinaisons instables qui 



SÉANCE DU 1 er AVRIL 41 

se succèdent, dites émanations, dont le résultat final stable, 
donc inactif, est l'hélium, quel que soit le corps radioactif 
duquel proviennent les émanations. 

2° La radioactivité provoquée, probablement sur tous les 
corps, consiste en une désagrégation atomique se produisant 
dans les tubes à vide et sous l'action des décharges pério- 
diques, où les mêmes explosions d'atomes ont lieu par une 
rupture d'équilibre, qui n'est pas due à l'exagération des 
pressions centrifuges intraatomiques, mais, au contraire, à 
l'affaiblissement artificiellement obtenu des pressions élec- 
tromagnétiques extérieures. 

Or. ces conclusions admettent une vérification expéri- 
mentale, que l'on pourra exécuter de la manière sui- 
vante : 

L'on utilisera une ampoule de Rôntgen munie d'un em- 
branchement à robinet, de la forme des tubes de Geissler. 
à partie centrale capillaire, pour l'analyse spectrale. En 
faisant agir pendant un temps suffisant les décharges, on 
recevra dans l'embranchement et l'on condensera, si cela 
est nécessaire, par l'air liquide, l'émanation ainsi recueil- 
lie. On fermera le robinet et après quatre jours, à l'aide 
de l'analyse spectrale, on pourra constater la présence 
de l'hélium. Si le résultat confirme ma théorie, cette 
première production artificielle prévue de l'hélium, en 
partant de l'un quelconque des autres corps simples, 
introduits comme électrodes et soumis à la désagrégation, 
sera la constatation expérimentale de l'unité de la matière. 

Séance du '1 er avril. 

F. Reverdin et A. de Luc. Nitration des dérivés du paraaminophénol. 
— Th. Tommasina. Les trajectoires planétaires sidérales ou non- 
képlériennes d'après la nouvelle théorie. — J. Briquet. La flore 
de la Corse. 

M. Frédéric Reverdin a préparé, avec la collaboration 
de M. A. de Luc, un certain nombre de dérivés du para- 
aminophénol dans lesquels les groupes « hydroxyle » et 
« amino » ont été substitués par les radicaux : toluène- 



42 SÉANCE DU 1 er AVRIL 

sulfonyle, benzoyle, méthyle et éthyloïque (CIP.COOH), 
deux résidus différents étant alternativement introduits 
dans la molécule. 

M. Reverdin a étudié la nitration de ces dérivés dans le 
but de déterminer quelle est l'influence de la nature et de 
la position des résidus, ainsi que celle des diverses mé- 
thodes de nitration, sur le nombre et la position des 
groupes « nitro » qui entrent dans ces combinaisons. 

Les essais de nitration ont été faits comparativement : 

1. Avec l'acide nitrique de D = 1.4 et de D = 1.52. 

2. Avec ces mêmes acides en présence d'acide sulfu- 
rique conc. 

3. Avec ces mêmes acides en présence d'acide acétique. 
3. Avec ces mêmes acides en présence d'anhydride acé- 
tique. 

La constitution des dérivés nitrés obtenus a été déter- 
minée par saponification et identification des produits qui 
en résultent avec des composés déjà connus, si tel pou- 
vait être le cas, sinon par l'examen des produits de ré- 
duction dans lesquels les positions des groupes « amino » 
peuvent être fixées par les réactions connues. 

Les essais ont été faits jusqu'à présent avec les dérivés 
du p-aminophénol renfermant les trois premiers résidus 
mentionnés, c'est-à-dire avec : 

1 . O-méthyl-N-p toluènesulfonyl-aminophénol : 

C 6 H 4 .OCH 3 (1)^^(4) 

2. O-toluènesulfonyle-N-p-méthylaminophénol : 

C 6 H 4 .OS0 2 C 7 H 7 (1) Nch 3 ^ 4 ) 

3. O-méthy-N-p-benzoylaminophénol (benzoylanisidine 
déjà connue) : 

C 6 H 4 . OCH^O N^q (4) 

4. O-benzoyl-N-p-méthylaminophénol : 

C 6 H 4 .OC 7 H 3 0(1)Nç H3 (4) 

Il résulte des expériences dont on trouvera le détail 



SÉANCE DU 1 er AVRIL 43 

dans les Archives des Sciences physiques et naturelles, 
t. XXVII (1909), p. 383, que les deux composés dans les- 
quels Y « hydroxyle » est substitué par le « méthyle » (dé- 
rivés de la p-anisidine) donnent dans certaines conditions 
un dérivé mononitré. tandis que dans les mêmes condi- 
tions ceux dans lesquels l'« hydroxyle » est substitué par 
le « toluènesulfonyle » ou par le « benzoyle », fournissent 
un dérivé dinitré. 

Les composés renfermant le groupe «méthyle» à l'azote 
donnent de faibles rendements en dérivés nitrés, leur mo- 
lécule est en partie décomposée et oxydée, tandis que 
ceux qui sont substitués dans la même position par le 
« toluènesulfonyle» et spécialement par le « benzoyle» se 
laissent facilement nitrer avec de bons rendements. 

L'acide nitrique a de la tendance à introduire un groupe 
« nitro » dans le résidu benzoylique des composés le ren- 
fermant à Y « hydroxyle » ou à 1' «amino». plutôt qu'à 
nitrer davantage le noyau benzénique. 

Enfin, pour ce qui concerne la position des groupes 
« nitro » qui entrent dans la molécule, on a constaté poul- 
ies substances étudiées que, dans les dérivés mononitrés, 
ce groupe entre en « meta » relativement à 1' « hydroxyle » 
que et dans les dérivés dinitrés, le second groupe entre, à 
peu d'exceptions près, en « ortho » relativement à ce même 
« hydroxyle »; la nature des résidus et la méthode de ni- 
tration employée ne paraissent pas avoir une influence 
caractéristique à ce sujet. 

M. Th. Tommasina. — Les trajectoires planétaires sidé- 
rales ou non-képlériennes d'après la nouvelle théorie. Dix- 
neuvième Notesi^r la physique de la gravitation universelle. 

L'unité du mécanisme universel de radiation et de gra- 
vitation, base de la nouvelle physique, l'oblige à attribuer 
aux trajectoires sidérales vraies des planètes, une impor- 
tance très grande, tandis que l'actuelle mécanique céleste 
basée sur l'hypothèse des forces centrales n'en voit au- 
cune. Ces trajectoires ne sont vraies que dans les limites 
de nos possibilités actuelles, aussi les appellerai-je non- 
képlériennes. 



44 SÉANCE DU 1 er AVRIL 

Les étoiles fixes ne sont plus considérées comme 
telles qu'en apparence, et cela, depuis, les nombreuses 
découvertes de William Herschel. Sinon la forme de la 
trajectoire du Soleil, au moins la direction approximative 
de sa marche et sa vitesse, ont pu être établies par l'ob- 
servation. D'après les plus récentes données cette vitesse 
serait en chiffre rond de 1 million 300 mille kilomètres 
par jour. Comme la marche du Soleil est due exclusive- 
ment aux actions de celle des soleils qui l'entourent, dont 
les champs électromagnétiques se compénétrent récipro- 
quement, sa vitesse et sa trajectoire en sont la conséquence, 
mais nos moyens ne nous fournissent pas encore les me- 
sures exactes de ces actions multiples, et il nous faut, en 
attendant, adopter, dans un but de simplification seule- 
ment, une vitesse constante et une direction rectiligne. 

On s'est borné, jusqu'ici, à reconnaître qu'à cause du 
déplacement de notre système les trajectoires des pla- 
nètes ne sont pas, en réalité, les orbites képlériennes, 
c'est-à-dire que chaque planète ne parcourt pas toutes les 
années la même boucle fermée, placée dans le même 
endroit de l'espace sidéral, mais qu'en suivant la marche 
du Soleil, elle trace autour de la trajectoire de celui-ci 
une courbe ondulatoire cycloïde, analogue à celle que la 
Lune tracerait autour de la Terre si le Soleil était immo- 
bile. Du moment que, pour l'observateur terrestre, les 
choses se passent, dans l'intérieur de notre système, 
comme s'il se déplaçait en bloc, on croît que rien en lui 
ne peut être influencé par son déplacement, aussi pense- 
t-on que la mécanique céleste ne doit s'occuper que des 
orbites képlériennes. En effet, cette science, étant exclu- 
sivement basée sur les forces centrales, ne laisse entrevoir 
aucune relation de cause à effet entre les actions inté- 
rieures et celles extérieures au système. La translation 
uniforme d'un système, dit-on, d'après le principe de 
relativité est sans influence sur les phénomènes qui s'y 
passent. Mais, l'on oublie que l'uniformité n'y est pas et 
qu'elle n'est, d'ailleurs, nulle part dans la nature. Au 
contraire, le principe newtonien de l'égalité de l'action et 



SÉANCE DU 1 er AVEIL 45 

de la réaction montre que rien ne peut se passer dans un 
système sans qu'il soit contre-balancé par ce qui se passe 
hors de lui. La constatation de la translation sidérale du 
Soleil a démontré que ce principe doit être appliqué à 
l'univers entier. Or, les dynamiques non-newtoniennes 
qui produisent ce déplacement agissent, certes, davan- 
tage sur le Soleil à cause de sa position centrale et de sa 
grande masse, mais leur action sur chaque planète n'est 
pas nulle ; elle est effectivement proportionnelle à la masse 
de chacune, de façon qu'elle influence directement leurs 
vitesses et leurs distances réciproques. 

Pour ne pas dépasser les limites restreintes d'une sim- 
ple Note préliminaire, je me bornerai à ne citer que deux 
des problèmes, les plus importants, que la mécanique 
newtonienne laisse sans explication; celui de l'excentricité 
des orbites et celui de l'inclinaison de leur plan sur le 
plan de l'équateur solaire. 

Si nous supposons projetées les trajectoires sidérales 
planétaires sur un plan passant par celle du Soleil, pen- 
dant la durée, par exemple, d'une année neptunienne, 
nous voyons que l'orbite de Neptune n'est plus une ellipse 
mais une cycloïde traçant, précisément, une longueur 
dopud/ dont les deux extrémités sont séparées par une 
distance de 78 milliards 375 millions de kilomètres, qui 
égale 8,6 fois le diamètre de l'orbe de Neptune, distance 
parcourue par le Soleil en 165 années terrestres. Sur ce 
même plan la projection de la trajectoire non-képlérienne 
de la Terre, sera celle de 165 ondulations cycloïdales 
tracées symétriquement autour de la trajectoire du Soleil, 
et à l'intérieur de l'ondulation unique tracée, dans le 
même temps, par Neptune, des deux ondes complètes 
tracées par Uranus. etc. J'ajoute que les deux extrémités 
de chacune des 165 cycloïdes, donc de l'onde annuelle de 
notre planète, sont séparées par une distance de 475 mil- 
lions de kilomètres, distance égale à plus d'une fois et 
demi le diamètre de l'orbe terrestre. 

Je n'ai cité, ici. ces faits, connus et élémentaires, que 
pour mettre en évidence une constatation, dont il faut 



46 SÉANCE DU 1 er AVRIL 

tenir compte, celle que tout plan normal à la trajectoire 
du Soleil ne peut couper qu'en un seul point chacune des 
trajectoires planétaires non-képlériennes, de façon que cha- 
que planète ne peut rester deux instants successifs sur un tel 
plan. D'après cette constatation l'on voit que lorsque les 
données d'observation et les calculs ont trait à des épo- 
ques différentes, doivent se rapporter aux déplacements 
vrais, donc aux trajectoires non-képlériennes. Or. si cela 
va compliquer, au point de vue analytique, les deux pro- 
blèmes cités, cela nous permet d'en concevoir l'expli- 
cation physico-mécanique, et cette explication est que les 
excentricités et les inclinaisons des orbites planes képlériennes 
ne sont, en réalite, qu'un avancement ou un retard par 
rapport à la vitesse de translation du Soleil. Ceci, naturel- 
lement, est inséparable du nouveau principe fondamental 
qui place toute action motrice dans le milieu sidéral, car 
il en est l'application. Aucune translation sidérale, vraie, 
ne peut être une courbe plane, aussi n'y a-t-il nulle part 
dans l'univers ni une orbite fermée ou képlérienne, ni des 
orbites cométaires paraboliques ou hyperboliques, et la phy- 
sique astronomique doit tenir compte de ces faits. 

M. S. Briquet communique à la Société les principaux 
résultats de ses recherches relativement aux rapports 
qu'ont entre eux les trois grands groupes de formations 
végétales de la Corse : sylce, maquis et garrigue. L'auteur 
montre que à priori, d'après l'étude des caractères biolo- 
gico-anatomiques, les essences qui constituent le maquis 
ne peuvent être considérées comme des essences de sous- 
bois, ainsi que l'ont pensé Schimper et d'autres auteurs, 
à cause de leurs caractères très accentués d'héliophilie. 
Il en est de même pour la plupart des espèces de garrigue. 
D'où on doit conclure que ces trois groupes de formation 
s'excluent entre eux. L'observation confirme ces prévi- 
sions. L'étude de la sylve à l'état vierge, tant en peuple- 
ments à feuilles caduques, qu'en Conifères, montre qu'elle 
ne contient aucun maquis en sous-bois. De même, le ma- 
quis indemne exclut la plupart des espèces caractéris- 



SÉANCE DU 15 AVRIL 47 

tiques de la garrigue. En revanche, il est certain que 
l'équilibre des rapports de puissance qui existent entre 
la sylve, le maquis et la guarrigue a été rompu par l'inter- 
vention de l'homme au détriment de la sylve, et que. 
principalement dans les temps historiques, ce dernier 
groupe a beaucoup reculé. Des arguments détaillés à 
l'appui de l'opinion ci-dessus énoncés seront donnés 
dans l'ouvrage général de M. Briquet sur la flore de la 
Corse actuellement sous presse. 

Séance du 45 avril. 

J.-L. Prévost et de G-amrat. Contraction des bronches. — Amé Pictet 
et M lle M. Finkelstein. Synthèse de la laudanosine. — A. Brun. 
Les gaz des obsidiennes. 

M. Prévost rend compte d'expériences faites dans le 
laboratoire de physiologie par son élève M. de Gamrat cà 
propos de sa thèse inaugurale relative à la contraction 
des muscles bronchiques dont voici les conclusions : 

1° Les muscles bronchiques offrent un développement 
variable suivant les espèces animales. Chez le cobaye 
leur épaisseur est notablement plus forte que chez le 
lapin et le rat. 

2° C'est au développement exagéré de ces muscles 
chez le cobaye et à l'accumulation d'un bouchon muco- 
épithélial dans la bronche qu'il faut attribuer l'imperméa- 
bilité à l'air que l'on constate que chez le cobaye après 
la mort ou à la suite de l'application d'un courant alter- 
natif de la tète à l'anus. 

3° Les muscles des bronches sont innervés par le nerf 
vague qui contient des fibres broncho-constrictives et des 
fibres broncho-inhibilrices. 

4° L'étude de la dilatation du poumon faite au moyen 
d'un oncomètre, en suivant la méthode de Dixon et 
Brodie dans leur mémoire sur ce sujet, montre que 
l'excitation du nerf vague provoque une constriction des 
bronches. 

5° Cette action broncho-constrictive des bronches est 



48 SÉANCE DU 6 MAI 

exagérée par la physostignime qui augmente l'excitabilité 
du nerf vague. 

6° Quelques substances telles que la pilocarpine, la 
muscarine. provoquent une constriction bronchique qui 
cède sous l'action antagoniste que l'atropine a pour ces 
alcaloïdes. 

7° L'excitation du nerf vague quand les bronches sont 
contractées sous l'influence de la pilocarpine ou de la 
muscarine produit une cessation du spasme bronchique 
et démontre l'existence de fibres inhibitrices dans le nerf 
vague. 

8° Le chlorure de baryum a été nettement broncho- 
constricteur. 

9° L'adrénaline a produit dans plusieurs expériences 
une action broncho-dilatatrice. 

M. le prof Amé Pictet parle de ses recherches sur les 
alcaloïdes de l'opium et en particulier de la synthèse de 
laudanosine qu'il a effectuée en collaboration avec 

M lle M. FlNKELSTEIN 1 . 

M. A. Brun présente une communication sur le gaz 
de obsidiennes 2 . 

Séance du 6 mai 

Th. Tommasina. Origine électromagnétique de la chaleur, sa place 
dans l'ordre génétique des phénomènes. — Le même. Genèse 
électromagnétique des atomes pondérables. — F. Battelli et 
Stern (M" e ). Recherches sur le ferment uricolytique. — L. de 
la Rive et C.-E. Guye. Sur l'orientation dans une agglomération 
de petits aimants. — L.W. Collet. Sur l'Infravalangien du massif 
Dent du Midi-Pic de Tanneverge. 

M. Th. Tommasina. — Origine électromagnétique de la 
chaleur, sa place dans l'ordre génétique des phénomènes. — 
Vingtième Note sur laphysique de la gravitation universelle. 

On admet que la chaleur n'est pas une substance 
spéciale, mais un mode de mouvement. Or, en dernière 

1 Voir Archives, t. XXVII, p. 410. 
s Voir Archives, t. XXVIII, p. 45. 



SEANCE DU 6 MAI 49 

analyse, tout est mode de mouvement, donc pour définir 
la nature du phénomène calorifique il faut décrire les 
différents modes de mouvement qui le constituent, la 
nature des mobiles et celle des actions motrices. L'éta- 
blissement d'un ordre génétique des phénomènes doit être 
considéré comme l'introduction dans le champ de la 
physique de la loi générale de l'évolution. Sir Normann 
Lockyer et d'autres savants travaillent depuis bien des 
années en cette voie. C'est là une tendance parfaitement 
justifiée, celle de compléter le grand concept de l'évolution 
naturelle des êtres vivants par celui de l'évolution naturelle 
des choses et même des phénomènes simplement dynamiques 
comme la chaleur, la lumière et l' électromagnétisme. 

Nous nous bornerons, ici, à tâcher de démontrer que 
ces trois phénomènes ne sont pas forcément toujours et 
partout concomittants ou simultanés, mais qu'ils peuvent 
être produits et exister séparément et indépendamment, 
tout en se suivant d'après un ordre qui est génétique, 
n'étant pas réversible. 

La chaleur rayonnante, constituée exclusivement par 
les radiations de la gamme calorifique, est purement 
énergétique, donc électromagnétique. L'on sait que les 
rayons solaires peuvent traverser de l'air froid, au-dessous 
du zéro, sans perdre sensiblement de leur chaleur, mais 
qu'en réalité il y a une absorption partielle et que celle-ci 
est précisément la partie de la vibration éthérée qui est 
devenue vibration moléculaire, laquelle se transmettant 
de molécule à molécule constitue le phénomène de la 
conduction et celui de la chaleur des corps. Or, la nouvelle 
physique, en nous montrant que ce travail moléculaire 
est dû en dernière analyse à l'action du milieu, nous 
permet de pénétrer jusqu'au mécanisme qui produit le 
choc entre les molécules. D'après la théorie électronique, 
molécules et atomes sont en réalité de véritables systèmes 
astronomiques où les ions et les électrons jouent le rôle 
de soleils et de planètes. Cette simple considération met 
en évidence ce que l'on doit entendre par le choc de deux 
molécules. C'est la rencontre de deux systèmes qui 

4 



50 SÉANCE DU 6 MAI 

persistent après le choc et s'éloignent. Ce qui signifie que 
les masses pondérables ne viennent pas en contact absolu, et 
que ce sont exclusivement leurs champs électromagnétiques 
qui subissent la modification qui produit leur rapide 
rapprochement jusqu'à la tension maxima et leur éloigne* 
ment subséquent par réaction. L'action motrize étant celle 
du milieu, les champs des molécules se comportent comme des 
masses, c'est-à-dire comme des résistances statiques ou 
inerties électromagnétiques. 

Ce que nous venons de dire suffit pour faire comprendre 
que la chaleur d'un corps peut toujours être représentée 
sous la forme de valeur d'intensité d'une radiation électro- 
magnétique comprise entre deux limites de grandeur, de 
nombres de vibrations par seconde ou de longueur d'onde. 
C'est ainsi que doit être envisagée la mesure absolue de la 
température des corps. 

Il y a donc une conclusion qui se présente première- 
ment, c'est qu'il faut reconnaître la priorité absolue du 
phénomène électromagnétique sur tous les autres: la 
chaleur et la lumière n'en étant que des cas spéciaux 
délimités. En effet, nous admettons que tout rayonnement 
est électromagnétique ou fonction d'actions électromagné- 
tiques, mais nous savons qu'il y a des radiations électro- 
magnétiques qui ne sont ni lumineuses ni calorifiques. 
Le problème se réduit-il donc à établir sous quelle forme 
l'électromagnétisme existe en origine; lesquelles des 
radiations étant les plus simples doivent précéder les 
autres, c'est-a-dire être celles qui initient les premières 
modifications qui constituent dans l'espace sidéral l'em- 
bryon d'une nébuleuse, dont l'évolution produira un 
système solaire. 

Certes dans le rayonnement, qui est émis par les soleils 
préexistants, se trouvent déjà les radiations calorifiques, 
mais si, dans l'espace, celles-ci ne rencontraient ni 
atomes ni molécules, elles resteraient invariables et ne 
pourraient reproduire la chaleur qui les a fait naitre, 
laquelle était d'ailleurs â son tour une vibration atomique 
ou moléculaire, étant définie comme telle. Avant le 



SÉANCE DU 6 MAI 51 

rayonnement, il faut qu'il existe ce qui le produit, mais, 
tandis que pour la chaleur sont nécessaires au moins des 
atomes, pour la lumière il n'en est, peut-être, pas de 
môme. Pourtant la chose n'est pas encore nettement 
établie, car on sait que, dans l'éther pur, la gamme 
spectrale visible ne se produit pas. Mais, sont-ils néces- 
saires des atomes pour la faire paraître? L'analyse 
spectrale nous montre par les nombreuses raies de chaque 
corps simple que les éléments intra-atomiques suffisent 
pour produire les différentes couleurs, donc le phénomène 
lumière. D'autre part, les actions radioactives ont confirmé 
cette manière de voir, déjà appuyée sur les résultats des 
observations de ce qui se passe dans les tubes à air raréfié. 

On peut donc affirmer que les vibrations de corpuscules 
analogues aux particules a, du rayonnement de radio- 
activité, doivent suffire pour donner naissance à la 
lumière visible. 

D'après ce qui précède, il nous est permis de conclure: 

1° Que l'intervention d'éléments autres que ceux du 
milieu est nécessaire pour modifier la longueur d'onde, 
donc pour produire les différents types de radiations. 

2° Que non-seulement la chaleur rayonnante, mais 
même la chaleur moléculaire et atomique est d'origine 
électromagnétique comme la lumière. 

3° Qu'en suivant Tordre génétique, l'on a : électro- 
magnétisme, lumière, chaleur. 

M. Th.ToMMASiNA.— Genèse électromagnétique des atomes 
pondérables. — Vingt-et-unième Note sur la physique de la 
gravitation universelle. 

Dans la Note précédente, en démontrant la genèse 
électromagnétique de la chaleur, il a été établi que ce 
phénomène naît de la modification apportée aux vibrations 
du milieu par la présence des premières particules com- 
plexes. Cette constatation théorique nous conduit directe- 
ment à en faire, par analogie, une autre, celle de l'origine 
également électromagnétique des atomes pondérables. 

Considérons un endroit de l'espace sidéral, où une 



52 SÉANCE DU 6 MAI 

nébuleuse, non réductible, doit se former. Où il doit donc 
se former, non pas un amas d'étoiles, mais un de ces 
amas de matière luminescente et tourbillonnante donnant 
naissance à un monde, c'est-à-dire à un système plané- 
taire analogue à celui de notre soleil. Cet endroit, il ne 
faut pas l'oublier, n'est nullement un lieu fixe, au 
contraire, c'est un lieu qui ne jouit des propriétés spéciales 
que nous allons examiner, qu'à la condition de se déplacer 
continuellement avec une vitesse du même ordre que la 
vitesse de translation de notre système solaire dans 
l'espace sidéral. 

L'on sait que l'espace vide absolu, l'espace des géomè- 
tres, n'a d'autre propriété que celle de l'étendue. Un tel 
espace vide existerait si l'univers n'était pas cette réalité, 
dont nous, en tant que physiciens, ne pouvons douter de 
l'existence vraie. Pour nous l'espace est plein. De grandes 
masses radiantes, suivies de satellites obscurs, le parcou- 
rent en tous les sens. Aussi des radiations innombrables 
s'entrecroisent partout et se compénètrent. D'après la 
nouvelle physique qui n'admet que des dynamiques non- 
newtoniennes, le mécanisme des radiations électromagné- 
tiques lie et meut tous les systèmes, dont l'ensemble, même 
s'il est infini, doit être soumis à une loi unique. Les 
équations de Maxwell-Hertz du champ électromagnétique y 
sont applicables partout. 

J'ai dit qu'il y a des endroits mobiles jouissants de telles 
propriétés que là seulement, et pas ailleurs, ne peuvent 
se former des nébuleuses, embryons de mondes. Quelles 
sont ces propriétés ? Ce sont les propriétés que possède 
toute modification d'un champ électromagnétique. L'on sait 
que la rotation d'une charge électrique produit un champ 
électromagnétique, et, qu'un champ électromagnétique 
préexistant est modifié par la présence d'une charge 
électrique en mouvement. Or, dans l'espace sidéral, nous 
avons la production incessante de modifications de cette 
nature dans toutes les proportions imaginables, depuis 
les infiniment petites jusqu'aux infiniment grandes. 
Comme les électrons sont les plus petits éléments que la 



SÉANCE DU 6 MAI 53 

physique moderne reconnaît, et comme ils sont des 
charges électriques élémentaires, c'est-à-dire les plus 
petites charges et en même temps les éléments de toute 
charge électrique, donc aussi de toute modification de 
champ électromagnétique, par leur état perpétuel de 
vibration, ils constituent le mécanisme intime vrai de 
tout l'espace sidéral. 

D'autre part, toutes les étoiles, en tant que. niasses 
radiantes, sont des immenses champs électromagnétiques 
en mouvement perpétuel. Si nous appliquons le principe 
de l'égalité de l'action et de la réaction, nous voyons 
immédiatement la liaison de l'infiniment petit à l'infini- 
ment grand, ainsi que la nécessité mécanique absolue de 
leur coexistence. En effet, cette coexistence est en réalité 
une collaboration. Aussi, si le milieu n'est-il que le 
rayonnement actuel des grandes masses radiantes, celles- 
ci ne sont-elles à leur tour que des agglomérats de modi- 
fications intimes des mêmes éléments du milieu. Nous 
allons établir l'endroit où ces agglomérats peuvent se former. 

Considérons dans l'espace un petit nombre, mettons 
une dizaine, de grandes masses radiantes ; en connaissant 
la vitesse, la trajectoire, la masse et l'intensité de radiation 
de chacune, ainsi que leurs distances réciproques, d'après 
les lois de l'électromagnétisme, il nous serait facile de 
reconnaître la forme et les dimensions, ainsi que la 
trajectoire et la vitesse à un instant donné, de la plage 
mobile où pourront se former des agglomérats pondéra- 
bles, ou mieux, où ils se forment, car cette formation est 
nécessairement continue. Nous avons donc la solution 
analytique du problème. 

Maintenant, une autre question se présente. Les élec- 
trons négatifs qui, d'après la théorie actuelle, sont les 
éléments primaires constitutifs de l'atome pondérable, se 
forment-ils sur place ou y arrivent-ils déjà formés depuis 
les masses radiantes, transportés par le mécanisme du 
rayonnement? La discussion de ce problème sera traitée 
dans une prochaine Note. Il nous suffit d'ajouter ici que 
l'examen qui vient d'être fait de la nature des modifications 



54 SÉANCE DU 6 MAI 

qui interviennent dans le phénomène de la formation 
d'une nébuleuse, permet de conclure favorablement à 
l'origine électromagnétique de la matière pondérable, 
c'est-à-dire des atomes chimiques. 

Il n'est pas nécessaire de faire observer qu'il n'est 
point question, ici, de l'essence même de la matière, 
de la matière tout court, celle des points matériels, car 
cela sort du champ de la physique en tant que problème 
et même en tant qu'application de sa solution, car celle-ci, 
si elle était trouvée ailleurs, ne nous dirait rien au point 
de vue physique, n'étant plus une notion mécanique. 

M lle Stern et M. Battelli rapportent les résultats de 
leurs recherches sur le ferment uricolytique. 

Sous le nom de ferment uricolytique on a compris des 
processus qui probablement sont de nature dilîérente. 
Les auteurs donnent le nom d'uricase au ferment qui 
oxyde l'acide urique en allantoïne. Dans cette réaction 
il y a absorption d'O 2 et dégagement de CO 2 ; l'uricase 
représente ainsi un véritable ferment respiratoire. L'oxy- 
dation de l'acide urique par l'intervention de l'uricase se 
fait avec une grande rapidité, de manière que l'uricase 
se prête bien à une étude suivie des ferments oxydants. 

L'uricase est facile à préparer à l'état de poudre en 
traitant les tissus par l'alcool. 

Le dosage de l'uricase est basé sur l'augmentation dans 
le dégagement de CO 2 produit par l'addition d'acide 
urique. 

L'uricase existe dans le foie ou le rein de tous les 
mammifères étudiés. Seul l'homme fait exception. Aucun 
tissu de l'homme ne renferme d'uricase. Les tissus des 
oiseaux sont de même privés d'uricase. On peut remar- 
quer qu'aucun mammifère, sauf l'homme, ne présente la 
goutte qui existe aussi chez les oiseaux. 

Le rein de bœuf et le foie de cheval sont les tissus les 
plus riches en uricae. 

Le quotient respiratoire C0 2 /0 2 dù à l'oxydation de l'acide 
urique est de deux, comme le veut la formule, lorsqu'on 



SÉANCE DU 6 MAI 55 

emploie an tissu frais. Mais, fait intéressant, ce quotient 
tend à se rapprocher de l'unité si on emploie le précipité 
alcoolique du tissu. Cet abaissement du quotient respi- 
ratoire ne peut s'expliquer que par une oxydation indi- 
recte des substances oxydables contenues dans les tissus. 
L'uricase ne présente pas la température optima à 
38°-40°, comme les différents ferments hydrolytiques des 
animaux à sang chaud. La destruction de l'acide urique 
se fait au conlraire plus rapidement à 55° qu'à 40°. L'uri- 
case en présence d'eau, est détruite cà la température de 
70° prolongée pendant 15 minutes. 

M. L. de la Rive présente une communication sur des 
recherches faites cà l'Université, en collaboration avec 
M. le prof. Ch.-Eug. Guye, sur l' orientation dans une agglo- 
mération de petits aimants (voir Archives, t. XXVII. p. 822). 

M. Léon W. Collet fait une communication sur la 
présence de l'Infravalangien à Hoplites Boissieri dans le 
massif des Dents du Midi-Pic de Tanneverge : 

Favre et Schardt 1 en 1887 divisèrent le néocomien des 
Dents du Midi en: 1° Schistes néocomiens inférieurs. 
2° calcaire néocomien gris et 3° néocomien à Toxaster 
complanatus. Les deux premiers termes de cette série, 
compris entre le malm et les couches à Toxaster compla- 
natus devaient, pour ces auteurs, vraisemblablement 
représenter le Valangien. 

Plus tard Renevier 2 dans sa monographie des Hautes- 
Alpes vaudoises fit rentrer les schistes noirs de la base 
du néocomien dans le Valangien; les calcaires gris et les 
Vogeallette (entre la Pointe de Sambet et les chalets de 
couches à Toxaster complanatus étaient attribués à l'Hau- 
terivien. 

1 E. Favre et H. Schardt. Description géologique des préalpes 
du Canton de Vaud et du Chablais jusqu'à la Dranse et de la 
Chaîne des Dents du Midi. Mat. Cart. geol. suisse. 22 e liv. 1887. 
p. 561. 

2 E. Renevier. Monographie géologique des Hautes Alpes vau- 
doises. Mat. Carte geol. suisse. 16 e liv. 1890. 



56 SÉANCE DU 6 MAI 

Pendant ma campagne de 1908 j'ai trouvé dans les 
schistes marneux noirs, au Col du Sageroux, sur le sen- 
tier qui de ce col conduit aux chalets de Vogealle, à la 
Vogealle) des ammonites que je détermine comme Hoplites 
Calisto d'Orb. var. Kaffœ Rouss. in Retowsky et Hoplites 
Boissieri Pict. 

Alphonse Favre 1 cite dans les schistes noirs du Sage- 
roux ou mieux de la Tête de « Péruaz » : .4. Parkinsoni, 
Belemintes hastatus, Lucina Bellona ce qui l'amène à faire 
rentrer ces couches dans le Callovien. Il est à remarquer 
que Favre à propos de son A. Parkïnsoni écrit en note 
inframarginale : « M. Oppel croit que ces ammonites se 
rapprochent des A, planulati du terrain jurassique supé- 
rieur, voisin du Kimméridien. » Or, dans la collection 
Alphonse Favre du Muséum d'Histoire Naturelle de 
Genève, j'ai trouvé dans A 12/34 plusieurs fragments 
d'ammonites déterminées comme Ammonites Richteri et 
provenant du Sageroux. Ces fossiles avaient été redéter- 
minés par M. Ernest Favre comme le prouve une éti- 
quette de sa main. J'ai revu ces fossiles et y ai reconnu 
un fragment d'Hoplites Boissieri Pict. et plusieurs frag- 
ments d'Hoplites Calisto d'Orb. var. se rapprochant de 
certaines espèces figurées par M. Retowsky 2 . 

Le gisement de la «Tête de Péruaz» signalé par 
Alphonse Favre et que Maillard 3 n'avait pu retrouver 
est, à ce que m'a affirmé mon porteur, Jean-Marie 
Moccand du Fontanil, sur les premiers monticules que 
l'on rencontre en se rendant des chalets de Vogealle au 
Col de Sageroux. C'est du reste aussi là que j'ai trouvé 
dans les schistes noirs des fossiles qui me permettent 
d'affirmer la présence de l'Infravalangien dans le Massif 
Dents du Midi-Pic de Tanneverge. Les schistes noirs de 



1 A. Favre. Recherches géologiques, etc., t. 2, p. 274. 

2 0. Retowsky. Die thierischen Ablagerungen vou Theodosia 
JBul. Soc. Imp. des Naturalistes de Moscou. 1893. N° 2 et 3. 

3 G. Maillard. Alpes de Sixt, de Samoëns et vallée de l'Arve. 
Bul. Carte geol., France, N° 22, p. 26. 



SÉANCE DU 3 JUIN 57 

la base du néoconien des Dents du Midi étant les mêmes 
que ceux du Sageroux. 

Les schistes noirs marneux représentent donc le terme 
le plus inférieur du Valangien (Infravalangien de M. Kilian) 
et non, comme le pensait Renevier, tout le Valangien. 

Séance du 3 juin. 

Prof. Bedot. La faune pélagique de l'Océan. — L.-AV. Collet. 
Observations géologiques sur l'île de Majorque. — Tommasina. 
Notes 22 e et 23 e sur la physique delà gravitation. — Prof. Duparc. 
Sur quelques amphiboles du groupe de la glaucophane. — 
Grossmann. Les hydrocarbures dans les minéraux. 

M. Bedot parle de la Faune eupélagique de la Baie d'Am- 
boine, et montre la ressemblance qu'elle présente avec 
celle des Océans Atlantique, Indien et Pacifique. Il cherche 
à démontrer qu'aucun obstacle ne s'oppose à la libre cir- 
culation des animaux eupélagiques dans toutes les parties 
de l'hydrosphère et qu'il est impossible, actuellement, 
d'établir des régions zoogéographiques pour les animaux 
holoplanctoniques. 

M. L.-W. Collet, privat-docent à l'Université, fait une 
communication sur quelques phénomènes de géographie 
physique observés à Majorque. 

Après avoir rappelé que l'île de Majorque est formée de 
terrains sédimentaires allant du Trias au Quaternaire, 
M. Collet parle de la tectonique de la Sierra de la grande 
Baléare. 

Tectonique: MM. Nolan, Haug et de Launay raccordent 
les plis de Majorque d'une part avec ceux de la Cordillère 
Bétique, d'autre part avec les Alpes Maritimes. Pour 
M. Nolan 1 la Sierra représenterait le flanc occidental, 
plissé et faille, d'un grand synclinal orienté N.E.-S.W. et 
qui traverse l'île de la baie de Palma à la baie d'Alcudia. 

1 H. Nolan. Structure géologique de l'Archipel Baléare. Bul. 
Soc. Géol. de France, 1895, 3 e s. T. XXIII, p. 76. 



58 SÉANCE DU 3 JUIN 

Dans ce flanc de son synclinal M. Nolan distingue un 
anticlinal principal et trois anticlinaux accessoires séparés 
les uns des autres par des failles longitudinales. 

Après avoir fait la coupe de l'anticlinal principal de 
M. Nolan en trois points différents, M. Collet arrive aux 
conclusions suivantes : La Sierra de Majorque possède une 
structure imbriquée et non pas une structure faillée. La 
série basale du pli principal possède une lacune strati- 
graphique qui comprend le Jurassique, depuis le Lias 
supérieur, et le Crétacique. La série qui la chevauche est 
complète. Il n'est donc pas possible d'envisager la série 
basale. qui forme la côte occidentale, comme étant une 
partie de la voûte du Puig Major, affaissée d'environ 300 
mètres. La série basale représenterait donc les restes 
d'une ride post-hercynienne, datant du Trias et du Lias. 
La direction de la poussée est S.E-N.W. 

Rôle orographique des roches éruptwes : Les sédiments 
du Trias sont traversés par des injections de roches 
volcaniques basiques qui ont été intensément désagrégées 
soit par l'action des eaux de ruissellement qui, venant de 
régions calcaires, doivent contenir une forte proportion 
de CO 2 , soit par l'action des acides organiques dus aux 
végétaux. Ces roches, moins résistantes que les calcaires 
qu'elles traversent, se traduisent dans la topographie sous 
forme de vallons et de cols qui permettent de passer 
d'un barranco (vallée transversale) clans un autre barranco. 
Les trois cols qu'il faut traverser pour se rendre de Soller 
à la Calobra sont tous dans les roches éruptives. 

Formation des calas : Les calas de Majorque ou anses 
très rapprochées qui découpent le rivage ont été envi- 
sagées par M. Penck comme étant dues à un mouvement 
positif de la mer, c'est-à-dire à un affaissement de la terre 
ferme. M. Collet ne peut pas confirmer les idées de 
M. Penck sur les calas après ce qu'il a observé sur la côte 
de la Sierra de Majorque. On rencontre, en effet, en de 
nombreux points du rivage de File des terrasses, à 
l'altitude de 80 mètres, contenant des formes marines et 
des formes terrestres, ce qui prouve un mouvement 



SÉANCE DU 3 JUIN 59 

négatif de la mer pendant le Quaternaire. Ce mouvement 
négatif est une fois de plus prouvé par la découverte qu'a 
faite M. Collet de deux anciens thalwegs, à 45 et 30 mètres 
d'altitude, dans la falaise de grès rouge du Trias a 
Estellenchs. Le Torrent de Pareis. vrai canon aux parois 
verticales, présente tous les caractères d'une gorge dont 
le niveau de base a été abaissé. 

M. Collet arrive ainsi à envisager les calas de la côte 
de la Sierra de Majorque comme étant dues uniquement 
à l'érosion marine. Il fait remarquer que la formation des 
calas a été grandement facilitée par la présence des dykes 
dans le Trias calcaire de la côte. 

M. Th. Tommasina. Application à la théorie des comètes. 
— Vingt-deuxième Note sur la physique de la gravitation 
universelle. 

Dans une Note précédente, la dix-neuvième, j'ai tâché 
de mettre en évidence le rôle que vient cà jouer dans 
l'astronomie électromagnétique le mouvement de trans- 
lation de notre système solaire par la forme non-képlé- 
rienne qu'il faut reconnaître aux trajectoires vraies des 
éléments stables du système, tels que les planètes et 
leurs satellites, et des éléments instables, tels que les 
comètes. Celles-ci le sont, non pas en partie, ou, le plus 
grand nombre, comme on le croit généralement, mais 
toutes, car il faut considérer comme instables même celles 
dont on a pu établir le retour périodique. 

Le fait du déplacement du soleil nous montre que ce ne 
sont pas toujours les comètes qui entrent dans notre 
système solaire, mais que ce dernier peut aussi les ren- 
contrer sur sa route au travers de l'espace sidéral, et en 
modifier les vitesses et les directions, donc les formes des 
trajectoires. Il ne faut pas oublier que, d'après ma théorie, 
aucun astre ne se meut par impulsion propre, tous sont mus 
par une résultante continuellement variable, en intensité et 
en direction, des pressions multiples, variables aussi, 
qu'exercent les radiations électromagnétiques qui s'entre- 
croisent partout dans l'espace sidéral. M. Poincaré *, par 

1 H. Poincaré. Science et Méthode. Paris 1908, p. 273. 



60 SÉANCE DU 3 JUIN 

une large vue synthétique, a essayé d'embrasser tous les 
mouvements propres à chacun des innombrables soleils 
de la voie lactée, en se les représentant de la même 
manière que les physiciens se représentent la constitution 
des gaz, formés de molécules animées de grandes vitesses. 
Ces mouvements doivent être attribués aux actions que je 
viens d'indiquer et de souligner. Ce qui, d'ailleurs, ne 
modifie nullement la comparaison hardie de M. Poincaré, 
car dans la nouvelle physique les molécules des gaz sont 
mues par des actions analogues, également électromagné- 
tiques. 

Nous allons voir que le même mécanisme complexe 
agit soit pour produire les comètes, soit pour les mouvoir 
ou les transporter. Cela nous permettra d'expliquer les 
principaux faits qui les caractérisent. Ces faits, qui avaient 
déjà frappé les plus anciens observateurs, mais qui n'ont 
pas encore trouvé une explication plausible, ce sont : les 
variétés très nombreuses des formes de trajectoires, dont 
aucune excentricité n'est de Tordre de celle des planètes 
et dont les inclinaisons sur le plan de l'équateur solaire 
font un angle qui prend toutes les valeurs de 0° à 90°; le 
sens de leur translation, qui est tantôt direct et tantôt 
rétrograde, et peut même passer de l'un à l'autre, ayant 
des vitesses, en général, énormément plus grandes que 
celles des planètes et, en outre, beaucoup plus variables, 
tout ce qu'il y a de plus inégal; enfin leur nombre. On a 
calculé, d'après la base adoptée par Arago, que dans la 
sphère d'action de notre système solaire doivent exister 
75 millions de milliards de comètes. La théorie électro- 
magnétique, tenant compte du grand nombre des comètes 
et de leur ténuité infinie, explique leur origine génétique 
par les corpuscules ou électrons négatifs et les particules 
positives, émanations dues cà la radioactivité des soleils, 
émanations qui sont transportées suivant les lignes de 
force des champs contigus, qui vont s'accumuler où les 
forces opposées se font équilibre, et qui sont déplacées 
avec des vitesses pouvant se rapprocher à l'ordre de celle 
de la lumière. De cette façon les comètes peuvent, à cause 



SÉANCE DU 3 JUIN 61 

des déplacements des systèmes solaires, appartenir tantôt 
à un système, tantôt à un autre. 

Sur la constitution de la queue des comètes, plusieurs 
théories ont été émises, depuis Kepler et Newton jusqu'à 
Laplace, Bessel, Secchi, Roche, Tyndal, Faye, mais aucune 
ne donne raison du fait capital contemplé dans cette de- 
mande : Comment peut-on concevoir la marche, à une 
vitesse qui peut dépasser les 70,000 kilomètres par se- 
conde, d'une substance extrêmement ténue qui se pro- 
longe en avant du noyau de la comète, à une distance qui 
peut atteindre 320 millions de kilomètres? Or, la nouvelle 
astro-physique en donne l'explication que voici : La pres- 
sion, qu'exerce partout le mécanisme invisible du rayon- 
nement, agit sur le noyau cométaire et pendant qu'elle 
le déplace avec la vitesse énorme indiquée ci-dessus, à 
cause de l'hétérogénéité de la masse de ce dernier, elle 
projette hors de lui, lance en avant, dans la direction du 
rayonnement solaire, des éléments analogues à ceux qui 
donnent lieu aux phénomènes des tubes à vide, dont la 
luminosité peut même présenter un très vif éclat. La fil- 
tration des rayons solaires au travers du noyau explique 
les différentes formes des queues, leur subdivision en plu- 
sieurs faisceaux ou fuseaux, tandis que la nature du mé- 
canisme multiple qui intervient dans leur transport, de 
même que celui intérieur qui les constitue permet de 
comprendre la cause des déformations lentes et de celles 
instantanées. 

Quant au coude, que l'on a observé dans plusieurs pho- 
tographies de la queue de la comète de Morehouse de 
1908, il constitue une belle confirmation de ma théorie de 
l'action du milieu. En effet, si le milieu ne jouait aucun 
rôle, un tel coude ne pourrait se produire. L'hypothèse de 
la rencontre d'une comète obscure n'est plausible que si 
on la rattache à l'activité motrice des radiations électro- 
magnétiques invisibles, activité qui explique également 
les déformations hélicoïdales, que l'on constate dans les 
mêmes photographies et dans celles d'autres comètes 
précédentes, qui montrent l'existence d'un mouvement de 
rotation du noyau de la comète. 



62 SÉANCE DU 3 JUIN 

M. Th. Tommasina. Nature des nouvelles fonctions astro- 
nomiques non-newtoniennes. — Vingt-troisième Note sur 
la physique de la gravitation universelle. 
La mécanique céleste admet qu'un système à liaisons se 
comporte comme un système libre, à la condition qu'on 
lui applique certaines forces supplémentaires, dites forces 
de liaison 1 . Si l'on suppose, par exemple, que deux points 
du système soient assujettis à rester à une distance cons- 
tante a, on dit que tout se passera comme si ces deux 
points s attiraient quand leur distance est supérieure à a 
et se repoussaient quand elle est inférieure; l'on admet 
que toutes les forces de liaison sont susceptibles d'une 
interprétation analogue. Or, ces forces de liaison peuvent 
être expliquées physiquement dans la nouvelle théorie. 
Elles sont les résultantes des actions de plusieurs dyna- 
miques non-newtoniennes, que nous allons énumérer et 
décrire dans cette Note. 

Les fonctions perturbatrices de la mécanique céleste 
classique sont les fonctions motrices électromagnétiques de 
la nouvelle mécanique céleste. Ces fonctions motrices 
sont des variables autant par rapport à l'espace que par 
rapport au temps, et elles représentent les forces vives 
actuelles ou les énergies cinétiques actives constituées par 
des actions et des réactions. Leur mesure est possible et 
elle permettra de calculer la valeur dynamique du travail 
qui produit le déplacement de l'astre considéré, planète 
ou satellite. Ces nouvelles fonctions dynamiques doivent 
être introduites soit dans le cas général du problème des 
trois corps, soit dans le problème restreint; elles ont une 
importance très grande dans l'étude des accélérations 
séculaires. Nous allons énumérer ici celles qui jouent un 
rôle, plus ou moins important, mais en tous cas certain, 
dans la nouvelle théorie de la Lune. Dans la mécanique 
céleste, on expose cette théorie en deux parties : dans la 

1 H. Poincaré. Leçons de mécanique céleste professées à la Sor- 
bonne, t. I, Théorie générale des perturbations planétaires. Paris, 
Gauthier- Villars, 1905, p. 9. 



SÉANCE DU 3 JUIN 63 

première partie, on cherche à établir quel serait le mou- 
vement de la Lune, si Lune. Soleil et Terre existaient 
seuls et étaient réduits à des points matériels ; dans la 
seconde partie, on cherche comment ce mouvement est 
troublé par l'attraction des planètes et par l'influence de 
l'aplatissement terrestre \ La première partie est donc un 
cas particulier du problème des trois corps. Les nouvelles 
fonctions doivent être introduites dans les deux parties, 
mais rien n'empêche de les considérer séparément. Pour 
le moment, nous nous bornons à les indiquer : 

t° La pression constante due au rayonnement complet 
et universel, ou la pression universelle de radiation, par 
laquelle chaque astre joue un double rôle, celui d'émet- 
teur ou de réflecteur d'énergie mécanique, et celui d'écran. 

Cette pression est celle qui produit tous les effets attri- 
bués à l'attraction; étant soumise à la loi de Newton, elle 
n'introduit aucune modification dans les équations de la 
mécanique céleste, seul le langage des définitions et des 
explications doit en être modifié. Aussi les perturbations 
du mouvement de la Lune seront attribuées aux faits sui- 
vants : 

a) La masse du Soleil joue le rôle d'écran pour la pres- 
sion universelle de radiation, par rapport à la Lune, à la 
Terre, aux autres planètes et satellites. 

b) La masse de la Terre joue un rôle analogue pour la 
même pression. 

c) La masse de la Lune joue le même rôle. 

d) Les masses des autres planètes et satellites idem. 
Voici, maintenant, les autres dynamiques également 

électromagnétiques non-newtoniennes que la nouvelle 
théorie ajoute aux précédentes, pour expliquer et établir 
les conditions physico-mécaniques du mouvement vrai de 
la Lune. Ces nouvelles fonctions sont toutes des variables 
dont la loi est plus complexe que celle de Newton : 
2° La pression de radiation solaire, qui agit en sens 

1 H. Poincaré. Idem, t. II, II e partie. — Théorie de la Lime. 
Paris, 1909, p. 1. 



64 SÉANCE DU 3 JUIN 

opposé de la pression universelle de radiation, et dans le 
cas de la Lune en sens contraire de la modification a. 
Cette action tend, ou bien a rapprocher la Lune de la 
Terre, ou bien à l'éloigner, et dans les positions intermé- 
diaires cà accélérer son mouvement autour de la Terre ou à 
le retarder. 

3° La pression de la radiation solaire réfléchie par la 
Terre sur la Lune. Cette action est très faible, mais très 
complexe dans sa variabilité. 

4° La pression de la radiation calorifique émise par la 
Terre. Action plus faible et aussi complexe que la précé- 
dente. 

5° La pression de la radiation solaire réfléchie par la 
Lune sur la Terre. Action plus faible, mais moins variable 
que les précédentes. 

6° La masse terrestre joue le rôle d'écran pour la pres- 
sion de la radiation solaire sur la Lune. Cette action étant 
maxima pendant les éclipses de Lune et s'ajoutant à la 
pression universelle, peut expliquer plusieurs phéno- 
mènes qui se rattachent, certes, aux modifications de la 
gravitation. 

7° La masse de la Lune joue le rôle d'écran pour la 
pression de radiation solaire sur la Terre. Cette action, 
étant maxima pendant les éclipses totales du Soleil, 
fournit également de nouvelles explications. 

J'ai indiqué comme constante la première fonction, 
mais elle ne le serait d'une manière absolue que si le 
système solaire était immobile, ou s'il parcourrait une tra- 
jectoire rectiligne avec une vitesse uniforme, ce qui n'est 
certainement pas la réalité. Dans une prochaine Note, je 
mettrai en évidence l'importance de ces nouvelles fonc- 
tions par leur introduction dans les équations séculaires. 

J'ajoute seulement, ici, que ces nouvelles fonctions ex- 
pliquent l'augmentation de vitesse due au rétrécissement 
de l'orbite de la comète d'Encke, par la simple considéra- 
tion qu'elle est renfermée dans l'orbite de Jupiter, et, 
pourquoi celle de la comète de Faye, qui la dépasse un 
peu, manifeste déjà les mêmes modifications. 



SÉANCE DU 3 JUIN 65 

L. Duparc. Sur quelques amphiboles du groupe de la 
glaucophane. 

En étudiant les schistes cristallins de la région de la 
Wichéra (Oural du Nord), j'ai eu l'occasion de rencontrer 
dans plusieurs préparations certaines amphiboles inté- 
ressantes dont les propriétés me paraissent nouvelles. 

Tout d'abord, dans un schiste quartziteux provenant de 
la chaîne de Kwarkouche, j'ai trouvé à l'état de porphyro- 
blastes dispersés dans une masse grenue de quartz 
polyédrique des gros cristaux de glaucophane qui présen- 
tent la curieuse disposition suivante : 

Les cristaux, fortement allongés selon la zone du 
prisme, mesurent jusqu'à 2 millimètres et montrent les 
formes (110) rarement (010) et ne sont jamais terminés. 
Les clivages m = (110) sont nets, les mâcles p 1 n'ont pas 
été observées. Tous les cristaux sont formés de deux 
zones distinctes, à savoir : un noyau interne plus ou 
moins développé et une bordure périphérique plus ou 
moins réduite ; les propriétés optiques de ces deux zones 
sont différentes : 

L'amphibole qui forme le noyau a un allongement 
positif. Sur g 1 = (010) ng s'éteint à 4 e environ de l'allon- 
gement. Le plan des axes optiques est parallèle à 
g 1 = (010), la bissectrice aiguë est négative et l'angle 2V 
des axes optiques est très petit, souvent même presque 
nul. Les trois biréfringences principales sont : 

iig-np = 0,0172 Ng-Nm = 0,012 Nm-Np = 0,0165 

La coloration, de même que le polychroïsme, ne sont 
pas très intenses. On a : 

N</ = bleu violacé assez pâle, Nm = violacé. Np = jaune 
brunâtre très pâle. 

L'amphibole de la bordure est de couleur très foncée; 
son orientation optique est la suivante : l'axe Np avec celui 
Np de la glaucophane qui forme le noyau, mais il y a 
inversion des axes % et Nm. le plan des axes est donc 
perpendiculaire à g 1 à (010) et transversal. 

La bissectrice aiguë est également négative = Np, mais 
l'angle 2V est considérablement plus grand que celui de 

5 



66 SÉANCE DU 3 JUIN 

la glaucophane, car les hyperboles sortent du champ. 
L'extinclion sur g 1 = (010) paraît se faire à ou à quelques 
degrés de l'allongement, la dispersion est très forte: 
quant aux trois biréfringences principales, elles sont très 
faibles et notablement inférieures à celles de la glauco- 
phane. mais l'intensité de la coloration, ainsi que la 
dispersion, en rendent la mesure incertaine. Le poly- 
chroïsme très intense est comme suit : 

Ng = violet très foncé, Nm = bleu verdàtre foncé. 
.\jt> = jaune pâle presque incolore. 

La glaucophane renferme parfois des inclusions de 
zircon qui y développent de jolies auréoles polychroïques 
de couleur grisâtre. 

Dans un schiste albito-chloriteux provenant également 
du Kwarkouche, j'ai trouvé une autre amphibole qui. 
évidemment, se rattache également au groupe de la 
glaucophane, mais en diffère cependant par certains 
caractères optiques. La roche est formée par des plages 
d'albite dissimulées dans une masse à structure parallèle 
formée par des lamelles de chlorite mêlées à un peu de 
sericite, à des grains d'oligiste et de magnétite. Dans la 
chlorite, et complètement circonscrits par elle, ont trouve 
de gros cristaux d'amphibole qui présentent les caractère> 
suivants : 

Les cristaux sont allongés suivant la zone du prisme, 
avec profils (110) et (010), les clivages m = (110) sont 
nets. Les sections perpendiculaires à Np bissectrice aiguë 
sont allongées, le plan des axes est transversal à cet 
allongement qui est négatif. L'angle 2V est nul sur certains 
cristaux, très petit sur d'autres: l'extinction sur la section 
normale à Np se fait à 0° de rallongement, la biréfringence 
%-Np = 0,001-0,002. Les sections perpendiculaires à la 
bissectrice obtuse N</ présentent les clivages m ■ = (110) 
avec un allongement positif. L'extinction se fait à 4° de 
cet allongement, la position transversale du plan des axes 
a été confirmée sur cette section. La biréfringence 
yg-nm == 0,010 environ. Enfin les sections parallèles à 
Ng-np montrent les deux clivages m = (110) qui se 



SÉANCE DU 3 JUIN 67 

coupent. Ng bissecle l'angle aigu de ces clivages, 
ng-np = 3012. Le polychroïsme intense est comme suit: 
Ng = violacé, Nm = bleu violacé. Np = jaune verdàtre 
pâle. Cette amphibole se rapproche donc par certaines de 
ses propriétés de celle qui forme la bordure de la glauco- 
phane précédemment décrite. 

Dans une amphibolite albito-épidotique j'ai trouvé une 
troisième amphibole qui se rapproche beaucoup de la 
précédente. Elle se présente en cristaux aciculaires très 
allongés dont l'allongement est nettement positif et néga- 
tif alternativement. La section perpendiculaire à Np bis- 
sectrice aiguë s'éteint à 0, elle est négative en long, le 
plan des axes est donc encore ici transversal. L'angle 2V 
est très petit, la croix noire donnée par la plaque per- 
pendiculaire à la bissectrice aiguë se disloque à peine 
Ng-nm = 0,002. La section perpendiculaire à Ng bissec- 
trice obtuse s'éteint à 10 ou 12° de l'allongement qui est 
positif ng-np = 0,007 environ. 

Le polychroïsme est intense et comme suit: 

ng = violacé, Nm = bleu verdàtre foncé, np = jaune 
verdàtre beaucoup plus pâle. 

Il paraît donc exister, dans certains schistes cristallins 
du bassin de la Wichera certaines variétés d'amphiboles 
sodifiés qui se rattachent évidemment à la glaucophane, 
mais s'en distinguent par l'orientation du plan des axes, 
le polychroïsme et aussi les biréfringences. La glaucophane 
type existe d'ailleurs également dan s certaines de ces roches; 
ainsi sur la rive droite delaBalchaïcSoswan, confluent de 
Kholnépie.j'ai trouvé de fort belles glaucophanites albito- 
épidotiques dont la glaucophane en cristaux aciculaires 
forme l'élément principal. L'allongement des cristaux est 
positif, le plan des axes parallèle àr/ 1 — (010), la bissectrice 
aiguë est négative = Np, mais l'angle 2V est nul ou à peu 
près. Sur// 1 = (010) Ng s'éteint à 3° de l'allongement au 
plus, Ng-np = 0,0157. Le polychroïsme est comme d'ordi- 
naire, on a en effet : 

Ng = bleu violacé foncé, Nm = violacé, Np = jaunâtre 
presque incolore. 



68 SÉANCE DU 1 er JUILLET 

C. (jrossmann, D r se. Chimie géologique. Recherches sur 
les hydrocarbures solides contenus dans des produits 
volcaniques. 

Dans la note que j'ai l'honneur de présenter à la Société, 
je donne les résultats que j'ai obtenus dans la recherche 
des hydrocarbures solides dans des produits volcaniques. 
Ces recherches ont été faites dans le laboratoire de 
chimie analytique de l'Université de Genève, dirigé par 
M. le professeur L. Duparc, les échantillons de produits, 
je les dois à la bienveillance de M. A. Brun. J'ai opéré 
sur de la cendre de l'Etna de l'éruption de 1886 et sur 
une obsidienne de Lipari. Les quantités étaient de 330 
grammes de cendre et 202 grammes d'obsidienne. Les 
produits, finement pulvérisés, ont été introduits dans des 
appareils Soxley et chauffés avec du chloroforme purifié. 
Les appareils ainsi que les mortiers ont été lavés avec le 
même chloroforme. L'extraction a duré en moyenne 16 à 
19 heures. Le chloroforme de la cendre a pris une couleur 
brune fluorescente, celui de l'obsidienne une coloration 
bleu-verdàtre. Soumis k une évaporation dans le vide, le 
premier a laissé un résidu brun, le second un résidu bleu 
avec reflet vert. Ces résidus jouissent de toutes les pro- 
priétés des bydrocarbures : ils brûlent avec une flamme 
éclairante, laissent un résidu charbonneux, ne sont pas 
mouillés par l'eau, ont un indice de réfraction plus haut 
que celui de l'eau, les quantités extraites étaient 0,01 2 gr, 
pour la cendre et 0,0045 gr. pour l'obsidienne. Comme je 
suppose que ces hydrocarbures sont un mélange d'hydro- 
carbures, je me propose de les déterminer non par la 
combustion, mais par l'analyse spectrographique, en 
comparant leur spectre d'absorption avec celui d'hydro- 
carbures purs. 

Séance du 4 * x juillet. 

Ch.-Eug. Guye et Ratnowski. L'inertie électromagnétique des rayons 
cathodiques de grande vitesse. — Th. Tommasina. Nouveaux 
apports à la théorie de la lumière. — Le même. Résolution du 
problème de l'azimut des vibrations polarisées. 

MM. Ch.-Eug. Guye et Ratnowski présentent un travail 
sur l'inertie électromagnétique des rayons cathodiques de 



SÉANCE DU 1 er JUILLET 69 

grande vitesse, qui paraîtra prochainement dans les 
Archives. 

M. Th. Tommasina. — Nouveaux apports à la théorie de 
la lumière. — Vingt-quatrième Note sur la physique de la 
gravitation universelle. 

Fresnel 1 et Young 2 , indépendamment, avaient conçu 
l'hypothèse d'un mouvement transversal accompagnant le 
mouvement longitudinal principal dans le rayon lumineux. 
Puis, quelque temps après, Fresnel, dans sa Note « sur le 
calcul des teintes que la polarisation développe dans les 
lames cristallisées », rejeta la complication d'une compo- 
sante longitudinale 3 . Pourtant la science n'a accepté cette 
élimination qu'après la démonstration, considérée comme 
rigoureuse, qu'en donna Verdet 4 , en concluant que l'hy- 
pothèse des vibrations transversales était seule compa- 
tible avec le fait découvert par Fresnel et Arago 5 . que les 
rayons polarisés à angle droit sont incapables d'interférer. 
Aussi la science admet-elle, actuellement, que dans un 
milieu isotrope, les molécules d'éther décrivent des tra- 
jectoires qui sont contenues dans des plans perpendicu- 
laires au rayon lumineux, et que dans les milieux aniso- 
tropes, la vibration ne peut pas être exactement perpen- 
diculaire au rayon lumineux, mais qu'elle est toujours 
parallèle à l'onde plane qui correspond à ce rayon. 

Or, la pression de la lumière, qui n'est pas une hypo- 
thèse, mais un fait établi par constatation expérimentale, 
montre que tout cela n'est plus exact. En premier lieu, il 
faut réadmettre la composante longitudinale, du moment 
que c'est elle qui exerce la pression que l'on a mesurée, 
il faut donc revenir sur les démonstrations de Fresnel et 
de Verdet. En deuxième lieu, il faut reconnaître que les 
trajectoires des vibrations transversales ne sont nullemeni 

1 Fresnel. Œuvres, 1, p. 394. 
- Young. Miscellanea Works, I, p. 333 et 380. 
3 Fresnel. Œuvres, 1, p. 629. 
1 Verdet. Annales de chimie, 1851, XXXI, p. 377. 
■-s Fresnel. Œuvres, I, p. 385 (1816). 



70 SÉANCE DU 1 er JUILLET 

f planes. mais hélicoïdales, de façon que la vibration, même 
dans un milieu isotrope, n'est pas exactement perpendiculaire 
au rayon lumineux. 

En effet, si au lieu de ne voir, schématiquement, que 
l'action d'une molécule dans un alignement, nous regar- 
dons l'ensemble complexe, qui constitue le phénomène 
physique réel dans sa totalité, nous apercevons la molé- 
cule vibrante entourée de tous les côtés par d'autres 
molécules identiques, ayant absolument les mêmes fonc- 
tions à accomplir. Le milieu devant être toujours prêt à 
transmettre la lumière et. en général, toutes les radia- 
tions, en une direction quelconque, il faut qu'une infinité 
d'alignements aboutissent à chaque molécule en partant 
de tous les points de l'espace. Il suffit de fixer notre at- 
tention sur cette distribution pour comprendre que les 
vibrations transversales de la molécule sont arrêtées à la 
même distance que ses déplacements dans la direction du 
rayon qu'elle transmet. Si la molécule fait ce que font, 
simultanément, ses voisines dans le plan transversal, 
comme son énergie, grande dans la lumière intense, petite 
dans la lumière faible, est constamment égale à celle de 
ses voisines, les vibrations transversales moléculaires seront 
toujours arrêtées au même point, quelle que soit l'intensité 
de l'énergie rayonnante. Nous avons ici la solution d'une 
question d'importance capitale que l'expérience n'a pas 
tranchée encore, car d'après cela nous pouvons conclure 
que les amplitudes sont invariables et que les intensités sont 
proportionnelles non aux carrés des amplitudes, mais aux 
carrés des vitesses. La vitesse de la lumière n'est pas uni- 
forme, non seulement dans les milieux plus ou moins dis- 
persifs, comme les atmosphères des planètes, mais même 
dans l'éther pur, sidéral, qui n'est autre que son mécanisme 
de propagation. 

La pression de la lumière est un travail exécuté par 
une force vive égale à 1/2 mv 2 ; donc, lorsque la masse en 
mouvement est une constante, comme c'est le cas pour la 
lumière, l'intensité et le carré de la vitesse sont des fonc- 
tions réciproques. Or, si la molécule d'éther ne peut vibrer 



SÉANCE DU 1 er JUILLET 71 

que dans les limites invariables de sa propre sphère d'ac- 
tion, donc avec une amplitude constante, quelle que soit 
la forme de sa trajectoire, elle la parcourra avec une vi- 
tesse qui sera fonction de l'intensité lumineuse. Il faut 
alors reconnaître qu'étant donnée, par supposition, une 
source unique lumineuse d'intensité constante, la lumière 
se propage dans l'espace sidéral avec une vitesse, unifor- 
mément retardée, soumise à la loi, de proportion inverse 
aux carrés des distances de la source. 

Les observations astronomiques et les expériences phy- 
siques qui ont permis de mesurer la vitesse de la lumière 
ne semblent pas admettre une fonction de l'intensité, mais 
la pression de la lumière, qui est certainement propor- 
tionnelle à l'intensité, en constitue la preuve expérimen- 
tale. Nous pouvons donc conclure que la vitesse et l'inten- 
sité, des radiations et de toute transmission mécanique de 
mouvement, sont des fonctions réciproques soumises aux 
mêmes lois. Les résultats des expériences classiques de 
Dulong et Petit sur la loi du refroidissement dans le vide, 
et de Regnault, sur la vitesse du son, donnent également 
un appui à ces conclusions théoriques, ainsi que les ré- 
centes recherches de M. Ch. Nordmann \ 

Dans la controverse entre M. Nordmann et M. Lebedeff, 
il semble que mes conclusions sont favorables à celles du 
premier, qui admet l'action d'une propriété spécifique de 
l'éther, mais elles ne le sont pas pour le pouvoir dispersif, 
analogue à celui des gaz, qu'il attribue a l'éther, et que 
M. Lebedeff, avec raison selon moi, déclare inadmissible. 
Ce qui intervient dans la modification constatée, c'est 
simplement le mode de fonctionnement mécanique de 
l'éther d'après les lois que je viens de formuler. 

M. Th. Tommasina. — Résolution du problème de l'azimut 
des vibrations polarisées. — Vingt-cinquième Note sur la 
physique de la gravitation universelle. 

1 Ch. Nordmann. Les idées nouvelles sur les vitesses relatives 
des diverses vibrations lumineuses dans l'éther intersidéral. Bev. 
gén. des se, 30 avril 1909, p. 350-361. 



72 SÉANCE DU 1 er JUILLET 

Aucune solution décisive, soit théorique, soit expéri- 
mentale de ce problème, n'a été trouvée : aussi les opi- 
nions des savants sont-elles partagées entre la théorie de 
Fresnel, qui conclut que les vibrations polarisées par ré- 
flexion sont perpendiculaires au plan de polarisation, et 
celle de Neumann et de Mac-Cullagh, qui nous dit qu'elles 
sont parallèles à ce même plan. Ces deux théories sont 
donc manifestement contradictoires, et pourtant chacune 
d'elles explique les différents phénomènes. On attribue la 
chose au fait que la théorie de Fresnel suppose constante 
l'élasticité de l'éther, tandis que l'autre en considère 
comme constante la densité. 

Ma théorie cinétique du rayonnement, basée sur la 
pression de la lumière, permet de donner, du problème, 
une solution qui me paraît satisfaisante et définitive, car 
elle ne laisse aucun point obscur ou incertain dans la 
physique du phénomène, c'est-à-dire dans le mécanisme 
qui le produit. 

Supposons avoir isolé dans l'espace non pas un faisceau 
de rayons, mais une lame plane de lumière ordinaire 
ayant l'épaisseur de la molécule vibrante d'éther (élec- 
tron-tourbillon, dont le diamètre est celui de sa sphère 
d'action). Ce sera, donc, une couche unique de rayons élé- 
mentaires, tous dirigés parallèlement et formant le plan //' 
des rayons incidents. Ces rayons seront polarisés après 
leur réflexion par une surface horizontale SS\ sous un 
certain angle qui dépend, comme on le sait, de l'indice de 
la substance qui la constitue. La couche de rayons réfléchis 
formera la lame plane RR'. Le plan de polarisation de 
chaque rayon sera parallèle au plan PP' vertical et per- 
pendiculaire aux plans SS', II' , RR' et zby. Le plan PP' 
est donc le plan de polarisation du rayon élémentaire qui 
se réfléchit suivant oo' et dont les vibrations polarisées 
ont lieu dans des plans parallèles h acbd, qui est le plan 
de propagation de l'élément d'onde produit par la vibra- 
tion de la molécule a, normal au plan RR' contenant tous 
les rayons réfléchis. Le plan acbd étant normal au plan de 
polarisation, la question à résoudre sera d'établir l'azimut 



SÉANCE DU 1 er JUILLET 



73 



de la trajectoire de la molécule o après le choc, c'est-à- 
dire de savoir si o vibrera suivant àb dans le plan PP' ou 
suivant cd dans le plan RR' et perpendiculairement à PP'. 




Comme d'après la théorie actuelle l'azimut de la vibration 
de o avant le choc n'est pas connu, le problème admet, en 
effet, deux solutions, par l'hypothèse, déjà contemplée 
dans la loi de Malus, que la lumière est constituée de vi- 
brations dirigées en tous les sens, mais rectilignes. C'est 
ici qu'entre en jeu la composante longitudinale. Son intro- 
duction montre que la trajectoire vraie n'est pas une 
droite, ni une courbe plane et fermée, mais qu'elle est 
toujours une spire solénoïdale. La vibration dite recti- 
ligne est donc, au contraire, elliptique, plus ou moins 
allongée, ce qui indique qu'elle est soumise ta une com- 
pression dans la direction du petit axe. Donc, de telles 
vibrations ne peuvent exister, dans la lumière ordinaire, 
que sous une forme instable incessamment modifiée. Ayant 
constaté le parallélisme des vibrations polarisées, on a 
cru pouvoir en conclure que la polarisation n'était qu'une 
modification d'orientation, c'est ainsi qu'est née l'hypo- 
thèse encore admise de la lumière ordinaire constituée 
exclusivement de vibrations rectilignes. Cette hypothèse 
erronée a empêché de comprendre la vraie nature de la 
lumière polarisée, et de la cause mécanique qui la pro- 
duit. La nouvelle physique nous dit, aujourd'hui, que les 



74 SÉANCE DU 1 er JUILLET 

vibrations polarisées sont des vibrations hélicoïdales 
déformées régulièrement, et que leur déformation montre 
qu'à la suite de la compression mécanique subie, elles se 
trouvent dans un état analogue à une striction électroma- 
gnétique. En effet, ce qui se déplace dans chaque vibra- 
lion est un électron, donc un élément électrostatique; or, 
sa dynamique suppose deux vecteurs électriques, l'un 
correspondant à la force vive, qui n'est autre que la force 
électromotrice, et l'autre normal au premier en tous les 
points de la trajectoire, lequel trace successivement dans 
le plan idéal de la surface d'onde les lignes de force élec- 
trique. Ces deux vecteurs sont l'un normal et l'autre pa- 
rallèle au plan de polarisation. Lorsqu'on fait tourner ce 
plan en prenant la direction du rayon oo comme axe, les 
lignes de force électrique de ce rayon que le plan ren- 
contre dans sa rotation, lui sont toujours parallèles à l'ins- 
tant de la rencontre, tandis que la force électromotrice lui 
reste normale. L'on voit clairement que toute modification 
de la force électromotrice doit tendre à faire tourner à 
droite ou à gauche le plan de polarisation. Cela explique 
l'effet connu de l'action d'un fort champ magnétique sur 
un rayon lumineux qui le traverse parallèlement, action 
qui est nulle lorsque le rayon lui est perpendiculaire. 
Le sens absolu de la rotation dépend uniquement, comme 
l'on sait, de la direction du champ et de la nature du 
corps isotrope traversé par le rayon. Cela explique aussi le 
phénomène découvert par Kerr, qu'un rayon de lumière 
polarisée éprouve une rotation de son plan de polarisation 
qui est maxima s'il frappe normalement une surface plane 
perpendiculaire au champ magnétique, tandis que la rota- 
tion est nulle si la surface réfléchissante est parallèle au 
champ. Enfin, cela explique pourquoi la lumière n'est pas 
magnétique ; c'est que chaque électron, après le choc de 
transmission, revient en arrière en parcourant dans sa 
sphère d'action le même chemin solénoïdal en sens in- 
verse, ce qui détruit périodiquement l'effet magnétique. 
Mais il reste acquis que la composante longitudinale donne, 
en pression, la valeur mécanique de la force éleclromo- 
trice du ravon. 



SÉANCE DU 7 OCTOBRE 75 

Si nous revenons, maintenant, à notre problème, nous 
voyons que la solution se présente d'elle-même. En effet, 
les solénoïdes de la lame incidente IV sous l'action du choc 
contre la surface SS' doivent s'y aplatir suivant oz a les 
spires deviendront elliptique et leur grand axe sera per- 
pendiculaire au plan de polarisation PP\ Fresnel et Slokes 
avaient donc raison contre Neumann et Mac-Cullagh. 

Séance du 7 octobre. 

L. de la Rive. Sur les lignes de force magnétiques dans le champ 
d'une couche sphérique aimantée. — J. Briquet. Revision du 
genre Narthecium. — Weiss. Des mesures magnétiques aux très 
basses températures. — Ëug. Pittard. Stations paléolithiques en 
Dordogne. 

M. L. de la Rive. Sur les lignes de force dans le champ 
d'une couche sphérique aimantée. 

On obtient par une intégration, analogue à celle pour 
les lignes d'aimantation, l'équation qui se met sous la 
forme : 

Sin G = Sin8 — -^ — — 3 h — 
U + 2 m a 3 \ r 

a est le rayon de la sphère extérieure, m! un para- 
mètre qui dépend de ^ et de a, rapport des deux rayons 
de la couche, et 6 la coordonnée angulaire du point initial 
de la ligne sur le cercle a. La ligne a pour assymptote 
une parallèle à l'axe des s, direction du champ d'induc- 
tion, à partir duquel 6 est compté, menée à la dislance 



av]-\ r m' sin 8 . 

Il est à noter qu'au point où une ligne de flux rencontre 
soit la surface extérieure pour les lignes extérieures, soit 
la suface intérieure pour les lignes intérieures qui sont 
des droites parallèles au champ, les tangentes des angles 
de la ligne de flux et de la ligne d'aimantation avec la 
normale sont dans le rapport de 1 à jx, comme cela ré- 
sulte de la réfraction magnétique. 



76 SÉANCE DU 7 OCTOBRE 

M. Briquet communique à la société une révision du 
genre Narthecium faite à l'occasion d'une étude de N. 
Reverchoni pour son ouvrage sur la flore de la Corse. 
L'auteur donne une description morphologique de l'appa- 
reil végétatif, mettant en évidence divers caractères tirés 
de la phyllomorphose, de la nervation foliaire, qui per- 
mettent, avec les caractères floraux, de diviser le genre 
en sections naturelles. Le N. Reverchoni Cel. de la Corse 
forme avec le N. Balansae Briq. du Lazistan un groupe 
méditerranéen orophile opposé à tous les autres Narthe- 
cium circumboréaux. L'endémisme très étroit de ces deux 
espèces, séparées du reste de l'aire du genre, semble indi- 
quer qu'il s'agit là des restes d'une ancienne distribution 
plus vaste de ces Narthecium dans le bassin méditerra- 
néen. 

Pierre Weiss. Des mesures magnétiques aux très basses 
températures. 

M. Weiss indique l'analogie des états correspondants 
magnétiques avec les états correspondants bien connus 
de van der Waals ; il montre que l'étude expérimentale 
des uns et des autres a un très grand intérêt par les pro- 
priétés individuelles des diverses molécules qu'elle permet 
d'atteindre. Il dit ensuite quelques mots de l'organisation 
du Laboratoire cryogène de Leyde, dans lequel il lui a été 
donné d'exécuter des recherches magnétiques à très basse 
température, en collaboration avec le directeur de ce labo- 
ratoire, M. Kammerlingh Crines, Ces expériences, dont le 
calcul n'est pas terminé, seront publiées ultérieurement. 

M. Eugène Pittard demande inscription au procès-ver- 
bal de la présente note, destinée simplement à « prendre 
date ». 

Parmi les diverses stations paléolithiques qu'il a décou- 
vertes dans la Dordogne, M. Pittard mit au jour un abri 
moustérien. L'industrie lithique de cet abri est caracté- 
risée par la pointe à main et le racloir typiques ; mais elle 
renferme aussi des formes évoluées, de celles appelées 



SÉANCE DU 4 NOVEMBRE 77 

hémi-solutréennes. C'est dans cet abri que M. Pittard a 
découvert les premières traces de l'utilisation par l'homme 
des os d'animaux en vue d'en faire des outils. A cette 




Station moustérienne Rebières I. — Trouvé le 11 août 1909. . (G 1- nat.) 

découverte. M. Pittard en a depuis ajouté plusieurs 
autres : utilisations des cavités colyloïdes, des vertèbres, 
des calcaneums, etc. Aujourd'hui il peut indiquer la trou- 
vaille — déjà faite en 1907. confirmée en 1909 — d'osse- 
ments portant des traces de gravures. 

Il s'agit de fragments de diaphyses portant des coups 
de silex, régulièrement disposés. L'un de ces os est figuré 
en croquis, en annexe à cette note. Il est difficile de dire 
ce que doit représenter une telle gravure, où les traits 
se répètent régulièrement indiquant une volonté, mais le 
fait mérite d'être signalé. 

Jusqu'à présent on croyait que l'homme avait com- 
mencé à sculpter, à graver, à utiliser à ce point de vue 
les ossements des animaux, seulement dès l'époque solu- 
tréenne. La découverte de M. Pittard ferait remonter beau- 
coup plus loin une de ces utilisations. 

Le contenu de cette note sera discuté dans une commu- 
nication subséquente. 



Séance du 4 novembre 

R. de Saussure. La géométrie des feuillets. — E. Yung. Les cellules 
sensorielles chez les mollusques pulmonés. 

M. René de Saussure fait une communication sur la 
géométrie des feuillets. L'auteur a déjà à différentes reprises 



78 SÉANCE DU 18 NOVEMBRE 

exposé les principes de cette nouvelle géométrie dans les 
Archives (voir en particulier les numéros de février et 
mars 1906). Dans cette géométrie on prend comme élé- 
ment spatial primitif le feuillet : le feuillet est une figure 
composée d'un point M. d'une droite D et d'un plan P 
unis, c'est-à-dire placés de telle manière que chacun des 
3 éléments du feuillet contient les deux autres. Un feuil- 
let est d'ailleurs équivalent à un corps solide quelconque, 
d'où l'intérêt de cette géométrie. 

L'auteur annonce que M. le prof. R. Bricard de Paris 
a trouvé qu'en définissant la position d'un feuillet au 
moyen de 8 coordonnées homogènes /, m, n. p, X. [j., v, p 
convenablement choisies, ces 8 coordonnées satisfont à la 
relation : 

/ X -j- m [x + n v + p [j = 0, 

et la pentasérie de feuillets du premier ordre et de la pre- 
mière classe se trouve représentée par une équation 
linéaire relativement aux 8 coordonnées. On retrouve 
donc dans la géométrie des feuillets des équations tout à 
fait analogues à celles de la géométrie réglée lorsqu'on 
exprime la position d'une droite par la méthode de 
Plucker. au moyen de 6 coordonnées homogènes /, m, n. 
X. [x, v. satisfaisant à la relation : / X + m ^ -f- n v = 
(pour les développements, voir l'article intitulé les sys- 
tèmes de corps solides, Arch. novembre 1909). 

M. le prof. E. Yung présente une communication sur les 
cellules sensorielles chez les mollusques pulmonés. 

Séance du 48 novembre 

Amé Pictet et Gams. Synthèse de la papavérine. — L. de la Rive. 
Sur les centres de gravité magnétiques. — R. de Saussure. Sur 
les systèmes de corps solides. — P. -A. Guye et Zachariadès. Les 
causes d'erreur que présente la réduction au vide des poids appa- 
rents des poudres. 

M. le prof. Amé Pictet entretient la société de la syn- 
thèse de la papavérine à laquelle il est récemment parvenu 



SÉANCE DU 18 NOVEMBRE 79 

dans un travail fait en collaboration avec M. Gams. Un 
article ultérieur paraîtra dans les Archives à ce sujet. 

M. L. de la Rive fait une communication sur les centrr.^ 
de gravité magnétiques. On peut considérer des masses 
magnétiques ayant pour valeur absolue la somme des 
masses égales et de signes contraires de chaque élément 
de volume, et placés au centre de l'élément magnétique. 
La centre de gravité absolu du volume magnétique total 
se trouve d'après la règle ordinaire et on démontre que 
les deux centres de gravité, positif et négatif, sont placés 
à égale distance de part et d'autre de ce centre et que 
cette distance multipliée par la masse totale, positive ou 
négative, est le moment magnétique. On démontre aussi 
que le centre de gravité d'un tube de force magnétique 
est le centre de gravité pondérable d'un fil matériel de 
section constante coïncidant avec le tube de force. 

M. René de Saussure traite des systèmes de corps solides. 
On peut prendre la position d'un corps solide dans l'espace 
comme élément spatial primitif, puisque cette position 
peut être définie par un feuillet MDP. Les systèmes de 
feuillets sont équivalents aux systèmes de corps solides. 
Cette géométrie est la plus riche et la plus générale que 
l'on puisse concevoir dans notre espace à 3 dimensions, 
puisque c'est une géométrie à 6 dimensions donnant nais- 
sance par conséquent a des formes à 1, 2, 3, 4 et 5 
dimensions ; en outre il n'existe pas de figure plus géné- 
rale que le feuillet et ne contenant aucun paramètre de 
grandeur, car avec avec les 3 éléments point (M), droite 
(D) et plan (P), on ne peut former que les combinaisons : 
MD, MP, DP et MDP (feuillet); enfin la géométrie des 
jeuillets ferme le cycle des géométries dans l'espace à 
3 dimensions, puisque dans cette géométrie c'est l'espace 
lui-même qui est pris comme son propre élément (Voir 
l'article intitulé Us systèmes de corps solides. Arch. novem- 
bre 1909). 



80 SÉANCE PU 2 DÉCEMBRE 

Revenant sur ses expériences en collaboration avec M. 
N. Zachariadès relatives aux causes d'erreur que présente 
la réduction au vide des poids apparents des poudres (Archives 
1909, p. 385), M. Ph.-A. Guye expose qu'en revisant les 
calculs de réduction des observations, il a constaté que 
ces calculs devaient être faits de façon un peu différente ; 
cela ne modifie pas sensiblement la grandeur absolue des 
écarts ; ceux-ci sont positifs. Ce résultat s'explique par le 
fait qu'en pesant un corps pulvérulent dans l'air pour 
réduire ensuite le poids au vide par le calcul, on commet 
deux erreurs : 1° on pèse avec le corps solide une quan- 
tité non négligeable d'air condensé à la surface du corps 
pulvérulent, ainsi que l'a indiqué Marignac ; 2° on utilise 
ensuite pour le calcul de la correction une valeur de la 
densité trop élevée, bien supérieure à la densité moyenne 
du grain pulvérulent enveloppé d'une petite couche d'air 
adhérente, qui fait en quelque sorte corps avec le solide ; 
cette seconde cause d'erreur n'avait pas encore été signa- 
lée. Les auteurs concluent à nouveau de ces observations 
qu'tà l'avenir toutes les pesées de corps pulvérulents, en 
vue des déterminations de poids atomiques, doivent être 
faites dans des récipients où l'on puisse faire le vide. Il 
y aura lieu aussi d'étudier cette cause d'erreur sur les 
poids de platine en feuille. 

Séance du 2 décembre. 

Cari. Notes zoogéographiques sur l'Afrique Centrale. — De Saussure. 
Les Systèmes de corps solides cotés. 

D r J. Carl. Notice zoogéographique sur l'Afrique centrale. 

Pendant un voyage dans les pays situés entre le lac 
Victoria et le lac Kiwu, nous avons porté notre attention 
sur la faune des Arthropodes et tout spécialement des 
Diplopodes habitant ces contrées l . La faune des Diplo- 
podes de l'Afrique centrale était jusqu'ici très peu connue, 

1 Voir J. Carl. Diplopoden. Keise von D r J. Carl im nôrdl. 
centralafr. Seengebiet. Bévue suisse de zoologie, t. 17, 1909. 



SÉANCE DU 2 DÉCEMBRE 81 

tandis qu'on connaissait assez bien les Diplopodes de la 
côte occidentale et de la côte orientale de l'Afrique équa- 
toriale. Ces deux faunes sont assez différentes. Il est vrai 
que certains genres (Strongylosoma, Oxydesmus, Euri- 
zonus, Odontopyge et Spirostreptus) se trouvent sur les 
deux côtes; mais d'autres genres n'étaient connus que de 
la côte occidentale ou orientale. Il s'agissait donc de savoir 
si les genres communs aux deux côtes se retrouvent au 
centre du continent et si les espèces caractéristiques de 
chacune des deux côtes se rencontrent à l'intérieur. L'ex- 
pédition du duc des Abruzzes récolta en Ouganda 16 es- 
pèces de Diplopodes, toutes nouvelles S Notre collection 
contient, outre quelques espèces décrites par Silvestri. 
26 espèces ou sous-espèces inédites et une espèce connue 
jusqu'à présent seulement au Cameroun. Le territoire situé 
entre les lacs Victoria, Albert et Kiwu possède donc 44 es- 
pèces de Diplopodes. Ce nombre est petit si on le compare 
à celui du Cameroun, de Java ou d'autres contrées tropi- 
cales. Si l'on considère en outre que ces espèces se répar- 
tissent sur un petit nombre de genres et que certaines 
familles comme les Colobognathes ou les Sphaerothériens 
y font complètement défaut, on peut désigner la faune des 
Diplopodes des pays à l'ouest du Victoria-Nyanza comme 
pauvre et peu variée. Pour les questions de son origine et 
de ses rapports avec la faune de la côte orientale et occi- 
dentale, nous arriverions a des conclusions fausses si nous 
nous basions sur les espèces. Presque toutes les espèces 
étant nouvelles, on ne saurait ni affirmer leur nature endé- 
mique, ni préciser leur aire de distribution. Les Odonto- 
pyge de l'Erythrée et du Somaliland sont en grande partie 
insuffisamment décrites, et il se pourrait qu'un certain 
nombre d'entre elles figurent incognito dans nos nom- 
breuses espèces centro-africaines de ce genre. En nous 
basant uniquement sur les genres, la faune de notre terri- 
toire peut être subdivisée comme suit : 

1 . Genres communs à la côte orientale et à la côte occi- 

1 Voir Silvestri, F. Il Buwenzori, Bel. scient. Miriapodi, 1909. 

6 



82 SÉANCE DU 2 DÉCEMBRE 

dentale : Strongylosoma, Oxydesmus, Ewyzonus, Spiro- 
streptus, Odontopyge, Ces genres sont donc répartis a 
travers tout le continent. C'est à eux que se rattachent le 
plus grand nombre de nos espèces. 

2. Genres occidentaux, manquant à la côte et très fai- 
blement représentés au centre : Cordyloporus avec une 
espèce et Cryptodesmus avec une espèce. Tous les autres 
genres occidentaux n'atteignent pas le plateau des grands 
lacs. 

3. Genres orientaux : Lophostreptus. Ce genre est cepen- 
dant remplacé à l'ouest par des genres très voisins et ne 
peut donc être rangé qu'avec grande réserve parmi le> 
éléments d'origine orientale. 

4. Genres nouveaux, peu aberrants, à répartition insuf- 
fisamment connue : Mesodesmus et Microspirobolus. 

Le plateau entre les grands lacs n'a donc pas développé 
une faune de Diplopodes bien typique. Vu le petit nombre 
d'éléments occidentaux, il ne saurait être attaché à la 
sous-région occidentale de la région éthiopienne, comme 
on serait tenté de le faire en considérant la faune des 
oiseaux et des coléoptères l . S'il existe une limite orien- 
tale plus nette et plus générale des Diplopodes de l'Afrique 
occidentale, elle doit être supposée plus à l'ouest, peut- 
être coïncidant avec la grande ligne tectonique sur laquelle 
se trouvent les lacs Albert, Kiwu et Tanganijka et la vallée 
du Semliki. 

Signalons deux cas de distribution géographique très 
irrégulière : Spirostreptus Sjostedti Por. n'avait été trouvé 
qu'à l'ouest du Cameroun ; nous l'avons retrouvé sur une 
seule place près de Bukoba, sur la côte ouest du Victoria 
Nyanza, où l'espèce était abondante dans une petite par- 
celle de forêt vierge. Le Microspirobolus œquatorialis n. sp. 
a été trouvé pour la première fois à Njarujenje, au centre 
de Ruanda et ensuite au nord du lac Victoria, près des 
Ripoufalls du Victoria-Nile. Aurait-il échappé à nos re- 
cherches dans d'autres localités ou aurait-il été transporté 
sous une forme quelconque par les affluents du Kagera 

1 Voir Kolbe. Deutsch- Ost- Afrika, Bd IV, 1893, p. 31. 



SÉANCE DU 2 DÉCEMBRE 83 

dans celui-ci. par le Kagera dans le lac et paries courants 
jusqu'à la place indiquée? Nous croyons devoir admettre 
cette dernière hypothèse. 

M. René de Saussure, comme suite à son étude des 
systèmes de corps solides, parle des systèmes de corps 
solides cotés, analogues aux systèmes de droites cotées (ou 
systèmes de vis suivant l'expression de R.-S. Bail dans 
sa theory of Screws). 

Une droite cotée est une droite ordinaire D affectée 
d'un paramètre numérique ou cote. Un complexe linéaire 
est entièrement défini par son axe et son paramètre, 
c'est-à-dire par une droite cotée. Un système de droites 
cotées est donc équivalent à un système de complexes 
linéaires. Deux droites cotées sont dites réciproques lors- 
qu'elles satisfont à la relation : h tang 8 = a + b. h étant 
la plus courte distance et 6 l'angle des deux droites, a et 
b leurs cotes respectives. Le système fondamental, d'où 
l'on déduit tous les autres, est le système de toutes les 
droites cotées réciproques d'une droite cotée fixe. 

De même un corps solide coté sera un corps ordinaire 
affecté d'un paramètre ou cote. Un corps solide coté est 
équivalent à une pentasérie linéaire de corps, puisqu'une 
telle pentasérie est définie par son corps central et son 
paramètre. Deux corps cotés, A et B, seront dits réci- 
proques lorsqu'ils remplissent la condition : 

h tang 6/ 2 = a + b, a et b étant leurs cotes, h et 6 la 
translation et la rotation du mouvement hélicoïdal qui 
permet de passer de la position A à la position B. Le sys- 
tème fondamental, d'où l'on déduit tous les autres, est le 
système de tous les corps cotés réciproques d'un corps 
coté fixe. Le système est une hexasérie (Pour les déve- 
loppements voir Arch., février 1910). 



84 SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 

Séance du 16 décembre 

Lambert et Collet. Clypeastres du Miocène de Majorque. — Collet 
Calcaires et brèches dolomitiques dans le Lias du Mont Arvel. — 
A. Brun. Sur l'exhalaison volcanique secondaire. — C. Sarasin. 
Glissement de boue aux Voirons. — Tommasiua. Fonctions réci- 
proques des notions fondamentales. 

MM. J. Lambert et Léon-W. Collet présentent quelques 
remarques sur des Clypeastres du Miocène de Majorque. 

Lors d'un récent voyage à Majorque, M. Collet trouva, 
dans les collections que S. A. I. l'Archiduc Louis Salvator 
d'Autriche a réunies à Miramar (Museo Balear), des Cly- 
peastres. provenant du Miocène des environs de Deya. 
non déterminés. M. J. Lambert voulut bien revoir les 
déterminations de M. Collet et les corriger. Les espèces 
suivantes ont été trouvées : 

Clypeaster intermedius, Desmoulins. 3 ex. 

Clypeaster rhabdopetalus. Pomel. 1 ex. 

Clypeaster latirostris, Agassiz. 1 ex. 

Clypeaster Ludomci Salvatoris, sp. nov. 1 ex. 

L'espèce nouvelle se distingue facilement de ses congé- 
nères du groupe Bunactis. Elle sera figurée et décrite dans 
les Mémoires de la Soc. paléontologique suisse, vol. 36. 1910. 
Les espèces ci-dessus sont nouvelles pour Majorque. 

M. Léon-W. Collet fait une communication sur la pré- 
sence de calcaires et brèches dolomitiques dans le Lias moyen 
du Mont Arvel (Préalpes Médianes). 

M. H. Schardt 1 a donné en 1898 la coupe suivante du 
Mont Arvel : « Il y a là également un massif inférieur de 
calcaire échinodermique, épais d'environ 50 mètres, où 
prédominent les teintes rouges et violacées, tandis que le 
massif supérieur, épais de 75 m. est presque entièrement 
gris, sauf à la base. Entre deux se trouve une zone mar- 

1 Stratigraphie du calcaire du Mont Arvel. Bul. Soc. Vaud. 
Scien. Nat., n° 128, 1898, p. XXI. Séance du 16 févr. 



SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 85 

neuse mesurant seulement 4 m. et qui se voit distincte- 
ment de loin dans la carrière moyenne du Mont Arvel. « 

Ayant étudié les carrières du Mont Arvel pour la Com- 
mission géolechnique suisse. M. Collet remarqua que le 
massif supérieur échinodermique de M. Schardt est divisé 
en deux parties par une couche de calcaires et brèches 
dolomitiques, à petits cailloux roulés noirs, qui porte 
dans la carrière le nom de « brûlée ». La succession des 
couches, clans la carrière moyenne, est donc la suivante : 

1° Un massif inférieur de calcaire échinodermique, épais 
d'environ 50 mètres, où dominent les teintes roses et vio- 
lacées. 

2° Des marnes noires de 2-4 mètres d'épaisseur dans 
lesquelles on rencontre une couche à Cardinies. 

3° Un banc de calcaire échinodermique, épais d'environ 
10 mètres, de couleur grise. A la base le calcaire échino- 
dermique est pur tandis que dans le haut il se charge de 
plus en plus d'éléments dolomitiques pour passer enfin à : 

4° Un banc de calcaires et brèches dolomitiques à petits 
cailloux noirs. L'analyse chimique montre que ces der- 
niers, tout comme le ciment, sont dolomitiques. La cou- 
leur rose ou même rouge du ciment est due à de l'oxyde 
de fer. Les matériaux fournis par cette couche ne sont 
pas exploités. Cette couche supporte : 

5° Un massif supérieur de calcaire échinodermique de 
couleur grise, d'une épaisseur moyenne de 70 mètres. 
Ces couches supportent le Lias supérieur. 

M. Collet pense que les cailloux noirs, avec angles 
arrondis, appartiennent au Trias de la Gummfluh émergé 
pendant le Lias. Des courants côtiers auraient été les 
agents de transport. 

M. Albert Brun expose ses recherches sur Y-exhalaison 
volcanique secondaire. 

Il rappelle que les laves, après l'éruption, fournisssent 
encore des gaz, qui se libèrent par réaction pyrogénée, 
lorsqu'on maintient la lave en fusion dans le vide. 

L'auteur a montré que ces gaz contiennent toujours, 



86 SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 

chlore libre, CO2 et CO. Si après cette opération 1 l'on 
oxyde le résidu, l'on obtient un nouveau dégagement 2 
de gaz dans lesquels le gaz carbonique est alors pré- 
dominant et toujours en quantité absolue plus considé- 
rable que dans l'opération première. 

La quantité totale de CO 2 qui est fournie, peut atteindre, 
en plus des autres gaz. des proportions de V* li tre P ar 
kilog de roche ; exemples en CO 2 seul (0°760 mm .) : 

Volcan Sawaï Samoa ' 21 5 2 376 total 591 ce. 

» Vésuve x 263 2 576 » 839 ce. 

Hrafntinnuhyggrur HTT 2 438 » 515 ce. 

Yellowstone Park MOI 2 393 » 494 ce. 

De très nombreuses analyses confirment ces faits qui 
sont généraux. Ainsi s'explique facilement, par celte pro- 
priété du carbone des laves, la persistance des émana- 
tions de CO2 (par les fumerolles chaudes) qui résultent 
de la simple oxydation du magma et forment l'exhalaison 
secondaire. Le carbone total se trouve donc soit cà l'état 
d'hydrocarbures, soit peut-être sous un autre état. Il n'y 
a, pour le moment, pas d'expériences pouvant décider 
à quel état le C non hydrogéné se trouve dans la lave. 

M. Ch. Sarasin donne une description de la contée de 
boue qui s'est produite le 8 novembre sur le versant N des 
Voirons, au-dessus de Machilly. 

Le point de départ de la coulée, est un éperon formé 
de molasse désagrégée, qui sépare les deux bras confluents 
du petit ruisseau aboutissant à la plaine un peu à l'W de 
Machilly. 

Cet éperon, miné à la base des deux côtés par l'érosion 
torrentielle, et formé de matériaux peu cohérents, s'est 
fissuré, suivant plusieurs crevasses à peu près perpendi- 
culaires à la ligne de la plus grande pente. Par ce fait, 
2 tranches latérales se sont détachées probablement en 
même temps, et sont tombées dans les deux ravins voisins. 
Là, elles ont été rapidement imprégnées par les eaux de 
ruissellement accrues par les fortes pluies, et entrainées 
dans le couloir du ruisseau. 



SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 87 

La masse de boue et de pierraille mise en mouvement 
est du reste beaucoup moins considérable que ne le fai- 
saient supposer les récits des journaux quotidiens. Grâce 
aux traces très nettes que la coulée a laissées dans le petit 
ravin en V qu'elle a suivie, on peut évaluer son épaisseur 
a i ou 5 m. et sa largeur superficielle à 10 ou 12 m. 

Après un parcours de 200 m. à peine, dans ce couloir 
encaissé, la coulée a débouché sur des prés faiblement 
inclinés, où elle s'est étalée et presque complètement 
arrêtée, formant une couche, dont l'épaisseur moyenne 
ne dépasse pas 1 m., et couvrant un territoire de 3000 m 2 
environ. 

Une très petite partie de la coulée, suivant le lit du 
ruisseau, a été entraînée un peu plus loin dans un couloir 
inférieur. 

Il est certain que de nouvelles tranches pourront se 
détacher dans la suite du même éperon, duquel est partie 
la coulée en question, mais il est peu probable que ces 
eboulements prennent des proportions dangereuses. 

Un peu au-dessus et au SW du point de départ de celte 
coulée, un petit éboulement s'est produit par la rupture 
des têtes de couches de la molasse, mais les matériaux 
partis de ce point sont en quantité insignifiante et se sont 
arrêtés presque immédiatement sur une petite terrasse 
boisée. 

M. Th. Tommasina. — Les fonctions réciproques dans les 
notions fondamentales. — Vingt-sixième Note sur la phy- 
sique de la gravitation universelle. 

Jamais, à aucune époque de leur histoire, les sciences 
physiques n'ont eu une si grande richesse de théories 
personnelles. On peut presque affirmer que chaque savant 
en façonne pour son usage. Pourtant, je ne crois pas que 
cette pléthore de théories, qui indique une certaine indé- 
pendance d'allure, soit, en dernière analyse, nuisible à 
la marche progressive de nos connaissances sur les lois 
naturelles. De tous ces apports individuels naîtront et se 
développeront des théories plus générales, plus complètes 



88 SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 

que les anciennes, et possédant une plus vaste étendue. 

Plusieurs physiciens sont frappés par le désarroi que 
les récentes découvertes ont produit dans la manière d'in- 
terpréter et d'utiliser les concepts qui servent de base à 
l'explication des phénomènes. On n'est pas encore par- 
venu à se mettre d'accord pour donner une définition 
invariable, c'est-à-dire unique, de ce que l'on doit entendre 
physiquement, donc mécaniquement, pour la signification 
exacte des anciens mots, tels que : inertie, masse, énergie, 
pondérabilité, impondérabilité. Cette incertitude dans les 
définitions des notions fondamentales qui interviennent 
forcément dans les explications de tous les phénomènes, 
a introduit dans le langage scientifique une confusion et 
une obscurité des plus déplorables, comme j'ai eu l'oc- 
casion d'en faire la remarque dans plusieurs des Notes 
précédentes. 

La physique moderne reconnaît qu'une propriété n'est 
pas une qualité occulte, mais une manière d'être méca- 
nique, c'est-dire un phénomène. D'après cela, les choses 
représentées par les termes que nous venons de citer, 
sont des manières d'être, donc des phénomènes; mais 
sont-ils des phénomènes tous différents les uns des autres, 
ou n'y a-t-il pas là, au contraire, des identités, dont la 
diversité des apparences dépend, tout simplement, du 
point de vue où l'on se place pour les considérer? Nous 
allons démontrer qu'il en est bien ainsi. 

C'est à l'aide du concept des actions ou fonctions réci- 
proques que nous y parviendrons. Ce concept n'est, en 
réalité, que l'application du principe newtonien de l'égalité 
de l'action et de la réaction, application qui, à notre con- 
naissance, n'avait pas été encore faite dans le but que 
nous allons préciser. Ces fonctions réciproques ne sont 
pas une création mathématique, ce ne sont nullement de 
pures abstractions, des moyens analytiques, mais une 
nouvelle manière d'envisager ces mêmes notions physiques 
dont nous nous occupons ici. 

En généralisant le principe de Faraday sur l'interven- 
tion du milieu, en reconnaissant cette intervention toujours 



SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 89 

et partout, en dedans et en dehors de chaque corps et de 
chaque phénomène, le concept des fonctions réciproques 
se présente immédiatement dans les termes mêmes du 
principe newtonien. En effet, ce qui réagit devient ce qui 
agit et vice-versa. si l'on se place du côté opposé, lorsque 
les actions et les réactions sont incessamment produites. 
Or. ces actions et ces réactions sont précisément conti- 
nuelles dans toute cette catégorie de phénomènes, aussi 
allons-nous voir que les fonctions réciproques se mani- 
festent avec la plus claire évidence. 

Qu'est-ce que l'inertie d'un corps ou d'un système? 
C'est la résistance qu'il oppose à son déplacement. Mais 
en quoi consiste mécaniquement et physiquement une ré- 
sistance? En une réaction ; donc en une énergie qui réagit 
contre une autre énergie . Donc l'inertie n'est pas une chose 
différente de l'énergie. Il n'y a pas là une différence phé- 
noménale, mais deux fonctions qui sont réciproques. Ce 
sont les fonctions de deux énergies, absolument, de la 
même forme, dont l'une agit et l'autre réagit, et dont le 
rôle change suivant que l'on attribue à l'une ou à l'autre 
le mouvement initial, L'inertie d'un corps ou d'un système 
n'est autre que son énergie, et l'énergie de l'action mo- 
trice est en même temps son inertie, lorsqu'au lieu de 
produire un déplacement elle l'empêche. Ainsi, une masse 
électromagnétique est une inertie si l'élément qui la pos- 
sède est mu, mais elle devient une énergie, c'est-à-dire un 
champ électromagnétique, si l'élément est moteur, ce qui 
montre que la masse électromagnétique est toujours, en 
réalité, un champ, et toute masse est électromagnétique 
si les atomes chimiques sont constitués exclusivement par 
des électrons d'après la théorie électrique de la matière 
pondérable. Mais y a-t-il une matière pondérable et une 
matière impondérable? Nullement. La matière est cons- 
tituée en dernière analyse par les points matériels ou 
atomes physiques, et ceux-ci ne sont ni pondérables, ni 
impondérables, en tant que matériels, mais ils agissent 
comme constituant un élément pondérable ou impondé- 
rable, selon que l'élément constitué par eux est considéré 



90 SÉANCE DU 16 DÉCEMBRE 

comme passif ou comme actif, comme mu ou comme 
moteur. Ce sont là, encore, deux fonctions réciproques. Si 
on admet que l'éther est le moteur universel, on doit le 
déclarer énergétique et impondérable et. dans ce cas, à 
la matière constituant tous les corps on attribuera de 
l'inertie et de la pondérabilité, bien qu'elle soit constituée 
des mêmes points matériels que celle de l'éther. Autre- 
ment dit, les corps ne sont pas pondérables par eux- 
mêmes, étant tous transparents pour l'éther, mais le sont 
par les corpuscules qui les constituent, lesquels sont 
impénétrables par l'éther, celui-ci en étant lui-même 
constitué. 

Ces quelques considérations suffisent pour montrer le 
rôle des fonctions réciproques dans les notions fondamen- 
tales de la physique, car elles interviennent dans les phé- 
nomènes qui sont primaires en ordre génétique, et ap- 
portent la solution du problème examiné par H. -A. Lorentz 
dans son mémoire : Le partage de l'énergie entre la matière 
pondérable et l'éther 1 . 

1 Atti del IV Congresso intemazionale dei Matematici del 1909 
à Borna, pubblicati per cura del Circolo Matematico di Palermo. 



LISTE DES MEMBRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE ET D'HISTOIRE NATURELLE 

an 1er janvier 1910. 



1. MEMBRES ORDINAIRES 



Casimir de Candolle, botan. 
Lucien de la Rive, phys. 
Arthur Achard, ing. 
Jean Louis Prévost, méd. 
Edouard Sarasin, phys. 
Ernest Favre, géol. 
Emile Ador, chim. 
William Barbey, botan. 
Adolphe D'Espine, méd. 
Eugène Demole, chim. 
Théodore Turrettini, ingén. 
Pierre Dunant, méd. 
Auguste-H. Wartmann, méd. 
Gustave Cellérier, mathém. 
Raoul Gautier, astr. 
Maurice Bedot, zool. 
Amé Pictet, chim. 
Robert Chodat, botan. 
Alexandre Le Royer, phys. 
Louis Duparc, géol. -miner. 
F. -Louis Perrot, phys. 
Eugène Penard, zool. 
Ghs Eugène Guye, phys. 
Paul van Berchem, phys. 
André Delebecque, ingén. 
Théodore Flournoy, psychol. 
Albert Brun, miner. 
Emile Chaix, géogr. 
Charles Sarasin, paléont. 
Philippe-A. Guye, chim. 
Charles Cailler, mathém. 



Maurice Gautier, chim. 

John Briquet, botan. 
j Paul Galopin, phys. 
! Frédéric Reverdi n, chim. 

Théodore Lullin, phys. 
j Arnold Pictet, zoolog. 

Justin Pidoux, astr. 

Auguste Bonna, chim. 

E. Frey Gessner, entomol. 

Augustin de Candolle, botan. 

F. -Jules Micheli, phys. 

Alexis Bach, chim. 

Thomas Tommasina, phys. 

B.-P.-G. Hochreutiner, botan, 

Frédéric Battelli, méd. 

René de Saussure, mathém. 

Emile Yung, zoolog. 

Ed. Claparède, psychol. 

Eug. Pittard, anthropol. 

L. Bard, méd. 

Ed. Long, méd. 

J. Cari, entomol. 

A. Jaquerod, phys. 

H. Cristiani, méd. 

P. de Wilde, chim. 

Ch. Du Bois, méd. 

M lle L. Stern, physiol. 

Aug. Eternod, méd. 

Léon-W T . Collet, géol. 

Et. Joukowsky, géol. 



92 



LISTE DES MEMBRES. 



2. MEMBRES EMERITES 



Henri Dor, méd. Lyon. 
Raoul Pictet, phys., Berlin. 
J.-M. Grafts, ehim., Boston. 
D. Sulzer, ophtal., Paris. 
F. Dussaud, phys., Paris. 



E. Burnat, botan., Vevey. 
Schepiioff, M 1 ^ méd., Moscou. 
H. d'Auriol, chim., Montpellier. 
Etienne Ritter,géol., Col. Springs. 
Edouard Bugnion, entomol., Laus. 



3. MEMBRES HONORAIRES 



Ch. Brunner de Wattenwyl, 

Vienne. 
F. Plateau, Gand. 
Ed. Hagenbach, Bâle. 
Ern. Chantre, Lyon. 
P. Blaserna, Rome. 
S. -H. Scudder, Boston. 
F.- A. Forel, Morges. 
S.-N. Loekyer, Londres. 
Al. Agassiz, Cambridge (Mass.) 
H. Dufour, Lausanne. 
L. Gailletet, Paris. 
Alb. Heim, Zurich. 
Théoph. Studer, Berne. 
Eilh. Wiedemann, Erlangen. 
L. Radlkofer, Munich. 
H. Ebert, Munich. 
A. de Baeyer, Munich . 
Emile Fischer. Berlin. 
Emile Noelting, Mulhouse. 



A. Lieben, Vienne. 

M. Hanriot, Paris. 

St. Cannizzaro, Rome. 

Léon Maquenne, Paris. 

A. Hantzsch, Wurzbourg. 

A. Michel-Léyy, Paris. 

J. Hooker, Sunningdale. 

Ch.-Ed. Guillaume, Sèvres. 

K. Birkeland, Christiania. 

J. Amsler-Laffon. Schaffhouse. 

Sir W. Ramsay, Londres. 

Aug. Righi, Bologne. 

W. Louguinine, Moscou. 

H. -A. Lorentz, Leyde. 

H. Nagaoka, Tokio. 

J. Coaz. Berne. 

W. Spring, Liège. 

R. Blondlot, Nancy. 

C. Grsebe, Francfort. 



LISTE DES MEMBRES. 



93 



4. ASSOCIÉS LIBRES 



James Odier. 
Ch. Mallet. 
Ag. Boissier. 
Luc. de Gandolle, 
Ed. des Gouttes. 
Wil. Favre. 
Aug. Prévost. 
Alexis Lombard. 
Louis Pictet. 
Gust. Ador. 
Ed. Martin. 
Edm. Paccard. 
D. Paccard. 
Edm. Eynard. 



Edm. Flournoy. 
Georges Frutiger. 
Aloïs Naville. 
Ed. Beraneck. 
Edm. Weber. 
Emile Veillon. 
Guill. Pictet. 
G. Darier. 
P. Denso. 
H. Fatio. 
E. Turrettini. 
R. de Lessert. 
J. Albaret. 
H.-E. Gans. 



TABLE 



Séance du 7 janvier 4909. 

Th. Tommasina. Réponse aux Notes de M. L. de la Rive sur la pres- 
sion de la lumière. — Le même. Comment s'expliquent la 
répulsion aux distances très petites et la cohésion moléculaire. 5 

Séance du 24 janvier. 

Ch. Du Bois. Un cas de trichosporie, le premier en Suisse. — Th. 
Tommasina. Comment on doit interpréter le concept de D. Poisson 
sur le mode de se propager de la lumière en ligne droite. — Le 
même. Sur la différence irréductible entre les hypothèses mécani- 
ques et les hypothèses symboliques abstraites 11 

Séance du 4 février. 

Th. Tommasina. L'hypothèse de l'électron et les deux nouvelles 
physiques. — Le même. Hypothèse fondamentale pour une méca- 
nique de l'électron. — Briquet. Organisation de l'embryon dans 
le groupe de l'Erodium cicutarium. — Le même. Les caractères 
de la tourbière du lac de Creno en Corse 18 

Séance du 48 février. 

Th. Tommasina. Nouvelle méthode d'étude des séismes à l'aide 
d'indicateurs électriques locaux. — B.-P.-G-. Hochreutiner. Un 
genre aberrent de légumineuses de Nouvelle-Calédonie. — Ed. 
Claparède. Méthode d'économie comme procédé d'étude expéri- 
mentale de l'hérédité des habitudes acquises 24 

Séance du 4 mars. 

F. Battelli et M Ile Stern. Respiration vitale et respiration fermenta- 
tive chez les animaux. — Ch. DuBois. Epidémie parasitaire chez 
la souris . 32 



TABLE 95 

Séance du 48 mars. 

Arnold Pictet. Histologie de la muqueuse buccale et intestinale de» 
poissons cyprinoïdes. — Th. Tommasina. Sur la désagrégation 
atomique dans les tubes à vide 34 

Séance du 4 er avril. 

F. Reverdin et A. de Luc. Nitration des dérivés du paraaminophénol. 
— Th. ïommasina. Les trajectoires planétaires sidérales ou non- 
képlériennes d'après la nouvelle théorie. — J. Briquet. La flore 
de la Corse 41 

Séance du 15 avril. 

J.-L. Prévost et de Gamrat. Contraction des bronches. — Aîné 
Pictet et M Uo M. Finkelstein. Synthèse de la laudanosine. — 
A. Brun. Les gaz des obsidiennes 47 

Séance du 6 mai 

Th. Tommasina. Origine électromagnétique de la chaleur, sa place 
dans l'ordre génétique des phénomènes. — Le même. Genèse 
électromagnétique des atomes pondérables. — F. Battelli ei 
M lle Stern. Recherches sur le ferment uricolytique. — L. de la 
Rive et C.-E. Guye. Sur l'orientation dans une agglomération de 
petits aimants. — L.-W. Collet. Sur l'Infravalangien du massif 
Dent du Midi-Pic de Tanneverge 48 

Séance du 3 juin. 

Prof. Bedot. La faune pélagique de l'Océan. — L.-W. Collet. Obser- 
vations géologiques sur l'île de Majorque. — Tommasina. Notes 
22 e et 23 e sur la physique de la gravitation. — Prof. Duparc. Sur 
quelques amphiboles du groupe de la glaucophane. — Grossmann. 
Les hydrocarbures dans les minéraux 57 

Séance du / er juillet. 

Ch.-Eug. Guye et R. Ratnowski. L'inertie électromagnétique des 
rayons cathodiques de vitesse. — Th. Tommasina. Nouveaux 
apports à la théorie de la lumière. — Le même. Résolution du 
problème de l'azimut des vibrations polarisées 68 



96 TABLE 

Séance du 7 octobre. 

L. de la Rive. Sur les lignes de force magnétiques dans le champ 
d'une couche sphérique aimantée. — J. Briquet. Revision du genre 
Narthecium. — Weiss. Les mesures magnétiques aux très basses 
températures. — Eug. Pittard. Stations paléolithiques en Dor- 
dogne 75 

Séance du 4 novembre. 

R. de Saussure. La géométrie des feuillets. — E. Yung. Les cellules 
sensorielles chez les mollusques pulmonés 77 

Séance du 18 novembre. 

Amé Pictet et Gams. Synthèse de la papavérine. — L, de la Rive. 
Sur les centres de gravité magnétiques. — R. de Saussure. Sur 
les systèmes de corps solides. — Ph.-A. Guye et Zachariadès. Les 
causes d'erreurs que présente la réduction au vide des poids appa- 
rents des poudres 78 

Séance du 2 décembre. 

Cari. Notes zoogéographiques sur l'Afrique Centrale. — De Saus- 
sure. Les Systèmes de corps solides cotés 80 

Séance du 46 décembre. 

Lambert et Collet. Clypeastres du Miocène de Majorque. — Collet. 
Calcaires et brèches dolomitiques dans le Lias du Mont Arvel. — 
A. Brun. Sur l'exhalaison volcanique secondaire. — C. Sarasin . 
Glissement de boue aux Voirons. — Tommasina. Fonctions réci- 
proques des notions fondamentales 84 

Liste des Membres 91 



CALIF ACAD OF SCIENCES LIBRARY 



3 1853 10007 6145 



/